Manifestation à Ijenda, Burundi
Manifestation à Ijenda, Burundi © Radio France / Goran Tomasevic

Les législatives qui doivent avoir lieu lundi ne se dérouleront pas sous les meilleurs auspices : l'opposition estime ne pas avoir pu faire campagne dans de bonnes conditions et boycotte le scrutin, et le président du parlement lui-même a fui le pays.

C'est le dernier coup de théâtre en date pour ces élections législatives (et communales) : dimanche, le président de l'Assemblée nationale a annoncé qu'il était désormais réfugié en Belgique, et qu'il dénonçait un "forcing" électoral du très contesté président Pierre Nkurunziza .On savait déjà, avant même cette fuite, que l'opposition dénonçait elle aussi un scrutin faussé par la crise dans le pays.

Pas d'opposition, une contestation réprimée

Les membres de l'opposition ont d'ailleurs annoncé qu'ils boycotteraient les élections, et qu'ils l'ont proclamé officiellement dans un courrier adressé à la commission électorale. L'opposition avait déjà boycotté les élections en 2010 : cela n'avait fait que l'exclure un peu plus du paysage politique local. Elle avait retrouvé le devant de la scène après l'annonce par le président Pierre Nkurunziza qu'il briguerait un troisième mandat. Une annonce suivie par une tentative de coup d'État puis par des manifestations sévèrement réprimées.

La situation au Burundi est toujours dramatique, deux mois après le début d'un vaste mouvement de contestation qui a coûté la vie à 70 personnes au moins, poussé 120 000 habitants à l'exil et envoyé de nombreux manifestants en prison.

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De son côté, la Céni (la Commission électorale burundaise) estime que "tout est prêt dans le pays" pour que les élections se déroulent dans des conditions idéales. Son responsable assure même qu'il n'a jamais reçu "aucun document officiel" annonçant un éventuel boycott du scrutin. Une manière de "faire croire à un scrutin pluraliste et inclusif", selon l'un des leaders de l'opposition Charles Nditije.

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