L’homosexualité connaît différentes réalités en Afrique, parfois héritées de la colonisation, souvent empreintes du regain religieux dans certains États. Si elle reste réprimée par la loi dans une bonne moitié des pays du continent, le Kenya pourrait tourner la page sur cette sombre pratique.

Des membres de la communauté LGBT réunis pour une célébration oecuménqiue à Nairobi, au Kenya. La Haute Cour doit statuer sur le caractère constituionnel de deux lois criminalisatant l’homosexualité.
Des membres de la communauté LGBT réunis pour une célébration oecuménqiue à Nairobi, au Kenya. La Haute Cour doit statuer sur le caractère constituionnel de deux lois criminalisatant l’homosexualité. © AFP / SIMON MAINA

Être homosexuel au Nigeria, c’est s’exposer à la peine de mort, tandis que dans le Niger voisin, les personnes de même sexe peuvent vivre en paix au regard de la loi. Telle est la complexe réalité du continent africain, dans lequel de grands ensembles se dessinent néanmoins.

Alors que, au Kenya, la justice doit statuer le 22 février, à la demande de plusieurs associations LGBT, sur le caractère anticonstitutionnel de la criminalisation de l’homosexualité, tour d'horizon des cadres législatifs des différents pays africains.

L’ouverture et le progrès

Du sud à l’ouest de l’Afrique, l’homosexualité est légale dans un chapelet de pays. Dans la zone francophone, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, mais aussi la Guinée équatoriale, le Gabon, la République centrafricaine, la RDC, la République du Congo ; pour les pays lusophones, la Guinée Bissau et, depuis peu, l’Angola.

Dans la plupart des États où elle ne l’est pas, cela ne concerne que les hommes : en Sierra Leone, au Ghana, en Namibie, au Swaziland et au Zimbabwe.

L’Afrique du Sud est en pointe dans la prise en compte juridique de toutes les problématiques LGBT et, fait unique en Afrique, elle autorise les mariages entre personnes du même sexe.

L’illégalité bien ancrée

Globalement, le nord et l’est du continent restent résistants au changement. De la Mauritanie à la Corne de l’Afrique, on condamne encore, sans exception et parfois sévèrement, les relations sexuelles entre personnes du même sexe. Tchad et Cameroun, à la marge, complètent la liste des pays répressifs.

Parmi eux, néanmoins, certains, à l’instar de l’Érythrée ou du Malawi, ont renoncé à sanctionner les couples homosexuels.

La répression au plus fort

L’Afrique affiche encore au moins six zones d’ombre. Des États qui condamnent à mort les homosexuels ou les enferment à vie. Si la Mauritanie n’a prononcé aucune sanction de ce type depuis 1987, le Soudan, la Tanzanie ou la Zambie ont conservé leur politique répressive.

Plus préoccupant encore, le Nigeria, sous la pression islamiste dans ses États du nord, a renforcé sa politique de persécution à l’égard des homosexuels, sanctionnant jusqu’à la non dénonciation de relations connues entre coupes de même sexe.

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