VIDÉO - Alors que la France a salué le “civisme remarquable” des Algériens, ces derniers se méfient d’une éventuelle ingérence de l’ancienne puissance coloniale.

À Bejaia (Algérie) cette banderole se passe de commentaire : les manifestants dénoncent l'ingérence de la France.
À Bejaia (Algérie) cette banderole se passe de commentaire : les manifestants dénoncent l'ingérence de la France. © AFP / Ryad KRAMDI

La France est restée jusqu’à présent très discrète sur la question de l’après Bouteflika en Algérie. Emmanuel Macron avait simplement appelé à une “transition d’une durée raisonnable” lorsque le président algérien a annoncé son intention de ne pas briguer un cinquième mandat.

Par la voix de Jean-Yves le Drian vendredi, la France a tout de même salué le “civisme remarquable” des Algériens et souligné sa confiance au peuple d’Algérie. Des déclarations qui n’ont pas vraiment plu aux manifestants. Car les Algériens disent qu’ils ont appris à lire entre les lignes des communiqués officiels et voient une vraie relation d’ingérence. Ils appellent la France à renoncer à ses liens avec le pouvoir.

Dans les manifestations, comme celles qui se sont déroulées vendredi dans le pays et notamment à Alger, des slogans réclament la fin de l’ingérence française. Hamid, ancien cadet de la Révolution est persuadé, la France veut maintenir en place le pouvoir actuel par intérêt : “Il a beaucoup plus de bénéfices [aujourd'hui] qu'avec un nouveau pouvoir qu'il ne connaît pas”. 

“Le peuple a décidé de dire ‘stop’ à Bouteflika. C’est fini, pour toi et pour ta France”

C’est au peuple de décider des rapports avec son ancienne colonie estime Ramdane Hamlat, ancien général à la retraite et ex-candidat à la présidentielle. “Pourquoi ce pouvoir ne veut pas partir ? C'est la France qui, par tous les moyens, essaye de maintenir ce pouvoir en place” assure-t-il. Il explique que les manifestants sont aussi là pour dire à la France “on n’a plus besoin de vous”. 

Ramdane Hamlat estime que si la France considère les manifestants comme des citoyens algériens qui réclament leurs droits dans leur pays et les aide, elle est “la bienvenue”. Mais “si c’est le contraire, on n’a plus besoin d’elle, qui profite des richesses de l’Algérie sans contreparties”.  Des richesses comme le gaz naturel - “rendez-le nous” disent les manifestants - faisant écho à une supposé gratuité du gaz algérien pour la France, rumeur pourtant démentie par les autorités.  

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