Adidas cesse de payer les loyers de ses magasins fermés le temps du confinement. Cette décision provoque un tollé en Allemagne et un appel au boycott du célèbre équipementier sportif sur les réseaux sociaux. Adidas justifie sa décision et d’autres grandes enseignes suivent le mouvement comme H&M et Deichmann.

Les groupes Adidas et H&M ont déclenché l'indignation en Allemagne dimanche en annonçant leur intention de cesser de payer le loyer des magasins contraints de fermer à cause de l'épidémie de coronavirus.
Les groupes Adidas et H&M ont déclenché l'indignation en Allemagne dimanche en annonçant leur intention de cesser de payer le loyer des magasins contraints de fermer à cause de l'épidémie de coronavirus. © AFP / dpa Picture-Alliance / FrankHoermann / Sven SIMON /

C’est "indécent et inacceptable" pour la ministre allemande de la justice Christine Lambrecht (issu des rangs du parti social-démocrate, SPD).

"Les entreprises financièrement solides doivent payer leurs loyers."

Elle explique que les mesures prises pour protéger les locataires la semaine dernière et leur permettre en ces temps difficiles de différer le paiement de leurs loyers ne concernent pas des entreprises cotées en bourse, celles parmi les plus riches du pays. Adidas à titre d’exemple a réalisé l’an dernier un bénéfice record et dispose encore de 873 millions d’euros de trésorerie. 

Adidas n’est donc pas dans la situation du coiffeur du coin ou de la pizzeria au bord de la faillite, commente le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung (article en allemand).

La ministre allemande a été soutenue par beaucoup d’autres au sein de la classe politique, toutes tendances confondues. Et par de très nombreux citoyens sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #AdidasBoykott

Tollé dans l’opinion publique allemande

Sur Twitter par exemple, on peut voire une vidéo où un maillot flanqué de la "marque aux trois bandes" est brûlé ou des photos de paires de chaussures jetées à la poubelle. Avec des légendes comme "ceci est ma dernière paire de chaussures de la marque" ou "pour vous, Adidas, je ne veux plus faire de publicité".

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Quelques heures après le début de ce tollé, Adidas s’est défendu en expliquant que cette mesure n’était que "temporaire" et "par précaution". Son patron, Kasper Rorsted, confirme ne pas payer le loyer du mois d’avril pour ses 26 magasins en Allemagne – sauf pour quatre d’entre eux qui concernent des plus petits propriétaires et pas de grands groupes immobiliers.

Tollé qui n’a donc rien changé pour l’heure, Adidas a même été suivi par la chaîne de magasins H&M et le vendeur allemand de chaussures Deichmann et ses 1 200 boutiques. Ce dernier, pas aussi gros qu’Adidas, mais avec un chiffre d’affaire de six milliards d’euros n’est pas non plus une petite épicerie. Là aussi, Deichmann fait valoir qu’il s’agit "d’une mesure préventive visant à maintenir la capacité économique de l’entreprise à agir" le temps que durera cette pandémie de coronavirus qui devrait sans aucun doute provoquer une récession pouvant aller jusqu’à 5% cette année en Allemagne.

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