Des milliers de personnes manifestent après l'arrestation de 14 membres du gouvernement catalan qui souhaitent organiser un référendum sur l'autonomie de cette région espagnole.

Les Catalans ont rapidement rejoint la rue pour manifester après les arrestations de leur dirigeant.
Les Catalans ont rapidement rejoint la rue pour manifester après les arrestations de leur dirigeant. © AFP / LLUIS GENE

Des milliers de personnes sont descendus dans la rue après l'arrestation de 14 personnes, membres du gouvernement de Catalogne.

Cette région souhaite organiser le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit par la justice. Le président catalan accuse Madrid d'avoir imposé l'état d'urgence.

Des milliers de personnes dans les rues

Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le département des affaires étrangères. Des manifestants encerclaient et tapaient sur une voiture de la garde civile. Des heurts ont eu lieu entre manifestants et policiers.

Alors qu’à Barcelone, des manifestaient criaient : "Les forces d'occupation dehors!...Nous voterons pour être libres."

La police espagnole confirme que ces arrestations ont eu lieu et explique également avoir réalisé 22 perquisitions.

A l’annonce de ces arrestations, Carles Puigdemont, le président catalan a expliqué avoir "suspendu de facto l'autonomie de la Catalogne et appliqué de facto un état d'urgence". Il accuse le gouvernement espagnol d'être "totalitaire" et de violer les "droits fondamentaux".

De son côté, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a affirmé à Madrid : "Nous avons tous l'obligation de respecter la loi." Le chef du gouvernement espagnol s’exprimait lors d’une discussion en séance parlementaire au cours de laquelle un groupe d'élus catalans a quitté l'hémicycle pour protester.

Le gouvernement catalan a notamment confirmé l'arrestation de Josep Maria Jove, secrétaire général de la vice-présidence et bras droit du vice-président Oriol Junqueras. La garde civile n’a pas donné les motifs de l'arrestation ni leur durée.

Un avertissement ignoré

Dans un courrier, la Cour constitutionnelle espagnole avait fait savoir directement aux dirigeants et fonctionnaires catalans qu'ils ne pouvaient pas participer à l'organisation du "scrutin illégal" le 1er octobre.

Le 6 septembre, une loi organisant le référendum a été votée par les indépendantistes ignorant l'avertissement.

"Résistons pacifiquement. Sortons pour défendre nos institutions de manière non violente", a tweeté l’indépendantiste Jordi Sanchez.

"Ils ont commis une grande erreur. Nous voulions voter et ils ont déclaré la guerre", poursuit-il sur Twitter.

"Je demande que l'on revienne à la normalité", a expliqué, pour sa part, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy à Madrid.

Ces perquisitions et arrestations surviennent après les saisies de matériel électoral, notamment des affiches et de la propagande électorale. Mardi, la garde civile a dit avoir saisi 45 000 convocations destinées aux assesseurs des bureaux de vote pour ce référendum.

En parallèle, le ministère du Budget a gelé les finances de l'exécutif catalan, après avoir décidé de se charger directement du paiement des factures, ce qui réduit drastiquement l'autonomie financière de la région. Si les séparatistes sont majoritaires au parlement catalan depuis septembre 2015, les Catalans restent selon les sondages très partagés sur la question de l'indépendance.

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