Aujourd'hui encore, le Parti communiste chinois refuse de lever le voile sur ce qui est devenu un tabou de la société chinoise. Mais les familles des victimes refusent d'oublier

Zhang Xiang Ling, du mouvement des Mères de Tiananmen. Au mur à gauche, un portrait de son fils tué en 89. Il avait 17 ans. Il était place Tiananmen pour prendre quelques photos
Zhang Xiang Ling, du mouvement des Mères de Tiananmen. Au mur à gauche, un portrait de son fils tué en 89. Il avait 17 ans. Il était place Tiananmen pour prendre quelques photos © Radio France / Dominique André

Dans la nuit du 3 au 4 Juin 1989, Deng Xiaoping, l’homme de l’ouverture économique de la Chine, donnait l’ordre de tirer sur les manifestants du mouvement pro démocratie, place Tiananmen à Pékin.

Le bilan officiel des victimes n’a été ni publié, ni reconnu officiellement par les autorités chinoises qui, 28 ans après, maintiennent toujours l’omerta sur ce fait majeur de l’histoire contemporaine de la Chine.

Quelques notes mélancoliques s’échappent de cet immeuble modeste de Pékin. Zhang Xiang Ling a 80 ans. Son fils, lycéen de 17 ans, a été tué en 1989 place Tiananmen. Les larmes, puis la colère, ont fait place à une détermination qui ne l’arrête pas. Comme tous les ans, elle est allée se recueillir, en ce jour sombre, sur la tombe de son fils, encadrée par la police chinoise qui l’a suivie jusqu’au cimetière.

Il n y a pas de répit pour Zhang Xiang Ling qui appartient au groupe des "Mères de Tiananmen" qui sans relâche demande au gouvernement chinois de reconnaître le massacre des jeunes étudiants en 1989 : "Ce qui s'est passé il y a 28 ans c'est inoubliable pour chaque famille et chaque personne qui a été blessée. On était très tristes, on a trop laissé couler nos larmes, mais maintenant on ne pleure plus, la colère est enfouie dans nos cœurs".

On veut que ce qui s’est passé le 4 juin soit reconnu. On veut que justice soit faite. Aujourd’hui nous sommes plus déterminés qu’hier.

Le vent de liberté qui a fait tomber le communisme dans l''ex-URSS, puis le mur de Berlin, s’est essoufflé brutalement en Chine. Pas un mot dans les livres d’histoire. Pas de traces . Les mères de Tianamen luttent contre l’oubli.

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