ouverture du xviiie congrès du parti communiste chinois
ouverture du xviiie congrès du parti communiste chinois © reuters

Le Parti communiste chinois exclut toute réforme politique susceptible de menacer sa suprématie pour l'ouverture du troisième plénum du 18e comité central qui doit fixer le cap économique pour les dix années qui viennent.

Bien que ses dirigeants aient promis une réforme sans précédent du rôle du gouvernement à l'occasion de cette réunion à huis clos qui se déroulera jusqu'à mardi, les débats porteront donc essentiellement sur l'économie et aucune ouverture politique n'est réellement attendue à cette occasion.

A Pékin, les explications de Philippe Reltien.

La Chine ne peut prospérer que sous la conduite du Parti, réaffirme toutefois avec emphase l'Institut de recherches historiques du PCC dans les colonnes du Quotidien du peuple. S'adressant à ceux qui "prêchent la reproduction sansdiscernement du système occidental", il assure que le PCC restera aux commandes.

Comme le président Xi Jinping avant lui, l'Institut juge en outre que "nier" des tragédies telles que la Révolution culturelle (1966-1976), qui fut suivie de réformes économiques, porterait atteinte à la légitimité du parti et ne ferait qu'annoncer sa propre destruction.

L'institut de recherches historiques du PCC communique ainsi:

Les Anciens avaient un dicton: Si tu veux détruire un pays, commence par effacer son histoire. En analysant les forces ennemies chez nous et à l'étranger, on constate que leur négation de la période qui a précédé les réformes et l'ouverture a pour but de nier les grands succès historiques du Parti, de le diaboliser pour nier la position dominante du Parti communiste chinois.

Le PCC ne le permettra pas et maintiendra le cap du "socialisme aux caractéristiques chinoises", poursuit l'institut, évoquant la timide ouverture à l'économie de marché.

Changer les drapeaux et bannières

Quand Xi Jinping a pris ses fonctions en mars à l'issue du renouvellement de la classe dirigeante, certains s'attendaient à le voir assouplir le strict régime politique chinois en tant qu'héritier des idées libérales de son père, qui fut vice-Premier ministre.

L'arrivée au pouvoir du septième président de la République populaire de Chine a au contraire été suivie d'une nouvelle campagne de répression et d'un recul de la liberté d'expression. Il a en outre repris à son compte de vieux préceptes maoïstes pour rallier les suffrages des tenants de l'orthodoxie, toujours très influents au sein du Parti.

Même avec l'appui de cette vieille garde, le chef de l'Etat ne se lancera dans les réformes qu'avec une grande prudence, convaincu comme beaucoup au sein de l'appareil d'Etat qu'une ouverture trop brutale risquerait d'entraîner un effondrement comparable à celui l'Union soviétique. L'héritage de Mao, que beaucoup jugent responsable du chaos de la Révolution culturelle et des millions de morts du Grand Bond en avant, ne peut être passé par pertes et profits du seul fait de ses erreurs, souligne l'Institut de recherches historiques.

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