Dans le nord de la Cisjordanie plusieurs villages palestiniens sont en situation de pénurie d’eau. Israël a repris, depuis plusieurs semaines, le contrôle des robinets.

A Salfit, les habitants ont de l'eau un jour sur trois
A Salfit, les habitants ont de l'eau un jour sur trois © AFP / JAAFAR ASHTIYEH / AFP

Depuis début juin, dans cette zone du nord de la Cisjordanie, l’approvisionnement en eau est assuré par les Israéliens et la situation devient tendue : tout un secteur est aujourd’hui en situation de rationnement, coincé par les accords d’Oslo, dont les règles validées il y a plus de vingt ans régissent toujours la captation et l’approvisionnement en l’eau.

Salfit, dans le Nord de la Cisjordanie, à l'Est de Tel-Aviv
Salfit, dans le Nord de la Cisjordanie, à l'Est de Tel-Aviv © Radio France / Radio France

A Salfit, si les 150 vaches de Jamil Shahin n’ont pas l’air trop mal en point, c’est grâce aux dix réservoirs d’eau installés en urgence au-dessus de leurs têtes, sous le hangar de cette grande exploitation agricole. Les restrictions ont commencé au mois de juin et, d’après la mairie, les quantités qui sont distribuée sont deux tiers en dessous du niveau habituel. Un retour à l’âge de pierre pour Barié Maraïta, grand-mère, qui envoie ses enfants chercher de l’eau à la source : "Je mets mes bidons sur la tête pour aller à la source, comme on le faisait avant".

De l’eau un jour sur trois

L’eau est devenue une préoccupation majeure pour la mairie. Il y a eu des annonces à la radio pour réduire la consommation, mais un comité d’urgence a aussi divisé la ville de 20.000 habitants en trois secteurs, pour un approvisionnement alterné : "Comme on reçoit entre un tiers et 40% de notre ration habituelle, on fait une distribution alternée, ce qui veut dire que dans les quartiers, on a de l’eau un jour sur trois", explique Saleh Afaneh, ingénieur responsable de l’eau.

Cette situation illustre l’archaïsme et le rejet du cadre d’Oslo. Pour son approvisionnement Salfit est dépendante des Israélien, qui suivent des règles datant de ces accords (1993) : Israël puise dans le bassin palestinien, puis répartit les quantités d’eaux selon la règle du 1 pour 4 (20% pour les palestiniens, 80% pour les Israéliens).

Les Palestiniens soupçonnent désormais les Israéliens de privilégier les colonies dans leur approvisionnement, même si l’Autorité israélienne de l’eau jure que tout le monde, dans le secteur, souffre de ces restrictions.

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