Mohamed ElBaradei qui a les faveurs du président par intérim Adly Mansour n'est toujours pas premier ministre. Sa nomination semble en effet heurter le parti islamiste al-Nour et pourrait en faire de nouveaux alliés des Frères musulmans.

La presse avait pourtant annoncé la nomination de Mohamed ElBaradei au poste de premier ministre mais le président par intérim, Adly Mansour, a fini par faire savoir qu'il n'avait pas encore pris de décision finale. Il a tout de même précisé que le choix d'ElBaradei était "le plus logique".

A 71, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique et prix Nobel de la paix en 2005 avait été choisi par l'opposition laïque comme porte-voix lors du soulèvement contre Mohamed Morsi. Sa nomination comme premier ministre serait un vrai gage démocratique de la part du nouveau pouvoir.

Antoine Giniaux a rencontré des partisans de sa nomination

Blocage des Salafistes

Ahmed Khalil, vice-président d'Al Nour, a déclaré au site internet du quotidien Al Ahram que son parti se retirerait du processus de transition si Mohamed ElBaradeï était confirmé à la tête du gouvernement.

La nomination d'ElBaradeï viole la feuille de route qui a fait l'objet d'un accord entre les différents pouvoirs politiques et nationaux et le général Abdel Fattah al Sissi

Le porte-parole de la présidence intérimaire a reconnu que l'opposition d'Al Nour avait bloqué la nomination de l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ajoutant que "plusieurs options" étaient étudiées, sans plus de précision.

Les Frères musulmans se sont aussi opposés à l'arrivée à la tête du gouvernement de celui qui avait appelé haut et fort l'armée à destituer Mohamed Morsi et que Farid Ismaïl, un responsable du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), branche politique de la confrérie, a qualifié de "choix de Washington"

La rue toujours sous pression

Au moins 35 personnes ont été tuées et plus de 1000 autres blessées au cours d'affrontements vendredi soir au Caire et à Alexandrie, mais aussi lors de violences dans d'autres villes du pays, certaines de nature confessionnelle.

Samedi, un prêtre copte a été abattu par des inconnus à Al Arich, principale ville du Nord-Sinaï, où des affrontements meurtriers opposent depuis vendredi les forces de sécurité à des groupes djihadistes, qui ont attaqué plusieurs bâtiments officiels et des check-points routiers.

Au Caire, le reportage de Sébastien Baer

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