Malgré la tuerie du lycée de Parkland le 14 février dernier ou encore la fusillade dans une boîte gay d'Orlando en 2016, la Floride est loin d'avoir renoncé aux armes à feu. 32% de la population y est armée. Un sujet clivant à quelques heures des élections de mi-mandat.

Le contrôle des armes: un des enjeux cachés des élections de mi-mandats
Le contrôle des armes: un des enjeux cachés des élections de mi-mandats © Radio France / Jérémy Tuil / Claude Guibal

"Machine Gun America"

Ça sent la poudre, et les oreilles font mal. Derrière le canon de leur mitraillette, ils sont trois à se relayer, trois copains. Puis, devant leur cible de papier déchiquetée, ils posent tout sourire, armes à la main, pour des photos en mode guerrier. 

On est à quelques kilomètres des parcs d'attraction de Floride, mais à "Machine Gun América", l'attraction, c'est de tirer avec des armes introuvables ailleurs. On est aussi à quelques centaines de kilomètres de Parkland. Là où en février un tueur abattait 17 personnes dans un lycée. 

En Floride, où l'accès aux armes est extrêmement facile,  32 % de la population est armé, un record à l'échelle du pays.

Chez "Machine Gun America" on peut tirer avec des armes introuvables ailleurs
Chez "Machine Gun America" on peut tirer avec des armes introuvables ailleurs © Radio France / Jérémy Tuil / Claude Guibal

Et ce n’est pas une énième tuerie qui va ébranler les convictions de Scott Bryan, le manager de Machine Gun America.

"Les armes ne sont pas mauvaises, ce sont des outils. Si vous allez à BricoDépot pour acheter un marteau... Vous en faites quoi ? Vous pouvez l'utiliser pour construire votre maison... ou pour tuer quelqu'un. " 

La colère des jeunes victimes du drame du lycée Marjory Stoneman Douglas High School à Parkland a ému tous les États-Unis, mais leur combat pour le contrôle des armes n'émeut guère Scott Bryan. "Ok, ils ont vécu un truc traumatisant, mais faut qu'ils arrêtent de s'imaginer que ça leur donne une quelconque autorité pour décider de comment ont doit vivre, comment on doit être gouverné... C'est dingue !" 

Un enjeu pour les élections de mi-mandat

Après la tuerie du lycée de Parkland, le gouverneur de Floride Rick Scott (qui brigue le poste de Sénateur de Floride), pourtant proche du lobby des armes à feu, avait très mollement suivi Trump en ouvrant la voie à l'armement des personnels des écoles mais avait surtout fini par promulguer une législation plus restrictive, fixant l'âge minimum légal pour acheter une arme à feu à 21 ans. Une initiative allant, pour la première fois, à l'encontre de l'unité du parti républicain autour de la question des armes à feu. 

Dans cet État, le troisième plus peuplé des États-Unis, et détenteur du record du nombre de permis de port d'armes, l’élection de mardi fait office de test à l’échelle nationale. Notamment dans la bataille pour le poste de gouverneur, ou Ron de Santis, un proche de Donald Trump, et Andrew Gillum, présenté comme le successeur de Obama, s'affrontent avec violence.

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