Il y a presque 10 ans, un terrible tsunami dévastait la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, au nord-est du Japon. On se souvient des explosions, des évacuations, de la peur planétaire face à cet accident nucléaire. Aujourd’hui, que deviennent la centrale saccagée et ses travailleurs ? Reportage.

Les travaux devraient durer encore au moins 30 ans
Les travaux devraient durer encore au moins 30 ans © Karyn NISHIMURA

Le 11 mars 2011, le tsunami consécutif à un séisme met hors service le système de refroidissement principal de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi au Japon. Cela entraîne la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la surchauffe de la piscine de désactivation du réacteur 4. Hors service depuis l'accident, la centrale nucléaire doit être démantelée.

Ce qui est frappant, à chaque visite dans cette centrale ravagée, c’est l’apparente sérénité des travailleurs. Ils sont entre 3 000 et 7 000 à œuvrer quotidiennement dans cet immense chantier, dominé par les bâtiments de six réacteurs, dont quatre dans un piteux état. 

L’intérieur des réacteurs est inaccessible pour l’homme.
L’intérieur des réacteurs est inaccessible pour l’homme. / Karyn Nishimura
Ils sont entre 3 000 et 7 000 à œuvrer quotidiennement dans cet immense chantier.
Ils sont entre 3 000 et 7 000 à œuvrer quotidiennement dans cet immense chantier. / Karyn Nishimura
Des radiations très fortes se dégagent des bâtiments.
Des radiations très fortes se dégagent des bâtiments. / Karyn Nishimura

Des radiations toujours très fortes

Sur le Takadai, un lieu en hauteur, sont visibles les quatre réacteurs, devant l’océan Pacifique. Les bâtiments sont en partie recouverts. Le combustible fondu est toujours à l’intérieur. Des radiations très fortes s’en dégagent, explique un employé de la compagnie Tepco : "Il y a des endroits où les radiations sont si élevées qu'on ne reste que 10 minutes."

Les employés travaillent dans une apparente sérénité.
Les employés travaillent dans une apparente sérénité. / Karyn Nishimura
Port du masque obligatoire sur le site.
Port du masque obligatoire sur le site. / Karyn Nishimura
"Les tenues de protection agissent contre les poussières radioactives"
"Les tenues de protection agissent contre les poussières radioactives" / Karyn Nishimura

L’intérieur des réacteurs est bien sûr inaccessible pour l’homme. Et partout sur le site, les ouvriers, équipés de compteur de doses de radiations, doivent être très vigilants. "On ne peut pas éviter les radiations. Les tenues de protection agissent contre les poussières radioactives, mais pas contre les rayons. C’est en limitant le temps sur place qu’on régule la dose reçue. Pour chaque tâche, on doit évaluer au préalable la dose de radiations, puis fixer une méthode de travail pour la minimiser."

Contribuer à la renaissance de la région

Il y a désormais sur place nombre des femmes et jeunes ingénieurs et ouvriers, souvent originaires des environs. Ils vivent séparés de leur famille, motivés par la volonté de contribuer à la renaissance de la région. Ils sont employés par Tepco ou des sous-traitants, pour des tâches en partie ingrates et dangereuses.

Sur place, beaucoup d'ingénieurs et ouvriers, souvent originaires des environs.
Sur place, beaucoup d'ingénieurs et ouvriers, souvent originaires des environs. / Karyn Nishimura
Un avertissement à l'entrée du chantier.
Un avertissement à l'entrée du chantier. / Karyn Nishimura
Six cas de cancers ont officiellement été reconnus comme dus aux radiations.
Six cas de cancers ont officiellement été reconnus comme dus aux radiations. / Karyn Nishimura

Depuis 2011, sur les dizaines de milliers de travailleurs de la centrale, seulement six cas de cancers ont officiellement été reconnus comme dus aux radiations. Mais la justice est saisie dans divers autres cas, reconnait un autre responsable de Tepco : "Il y a des procès en cours de personnes disant avoir été irradiées sans le savoir." Le chantier va durer encore trente ans au moins. Voire quarante.