Ali Khamenei lors des législatives de 2012 en Iran
Ali Khamenei lors des législatives de 2012 en Iran © Reuters

Les oreilles du président américain ont sifflé aujourd'hui : l'ayatollah Khamenei a jugé très sévèrement la visite du nouveau président iranien Hassan Rohani, estimant que son entretien avec Barack Obama n'était pas "approprié".

Pour Ali Khamenei, il faut soutenir les efforts diplomatiques menés par le président iranien lors de l'Assemblée générale de l'Onu la semaine passée. Pour autant, selon lui, tout n'était pas bon dans cette visite d'Hassan Rohani, qui tentait de réchauffer les relations avec Barack Obama.

Ce qui n'a pas plu à l'ayatollah, c'est ce premier contact téléphonique historique, au niveau présidentiel, entre les Etats-Unis et l'Iran. Le premier depuis la révolution de 1979. Khamenei est plutôt sceptique sur le sujet.

Nous soutenons les initiatives diplomatiques du gouvernement et nous accordons de l'importance à ces efforts diplomatiques. Nous soutenons ce qui s'est passé lors de ce dernier voyage. Bien sûr, de notre point de vue, certaines choses qui se sont passées à New York n'étaient pas appropriées. On ne peut pas faire confiance au gouvernement américain qui ne respecte pas ses promesses.

C'était la première fois que le guide suprême s'exprimait sur le déplacement Rohani et sur la conversation téléphonique avec Barack Obama qui était venue conclure une semaine au cours de laquelle le président iranien a fait tout son possible pour assouplir l'isolement diplomatique de son pays.

Pour Ali Khamenei, les Etats-Unis demeurent un partenaire auquel on ne peut pas faire confiance dans les négociations.

Aujourdh'ui le président est plus sensible à l'ouverture, mais les religieux risquent de lui mettre des bâtons dans les roues. Bernard Ourcade, spécialiste de l'Iran.

Le nucléaire toujours problématique

L'élection en juin du modéré Rohani avait ranimé l'espoir d'un réchauffement des relations entre Téhéran et les Occidentaux qui demeurent tendues en raison du contentieux sur le programme nucléaire iranien.

De leur côté, les Etats-Unis estiment aujourd'hui que l'Iran a besoin d'un an au moins pour être capable de produire l'arme nucléaire. C'est Barack Obama lui-même qui le dit dans une interview publiée par l'agence de presse américaine Associated Press.

"Notre évaluation reste à un an ou plus. Et de fait, notre estimation est sans doute plus prudente que celle des services de renseignement israéliens."

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