Le Salon de l’Innovation s’ouvre ce mercredi 24 octobre en Israël. Le rendez-vous a lieu à Tel Aviv, berceau d’une start-up nation actuellement victime de son succès. Manque de main d’œuvre, salaires qui flambent… Tout est bon pour attirer, et garder, les futures pépites de la haute technologie.

En Israël, le siège de la start-up Nexiar. Terrasse, bar, jeux-vidéos : outils nécessaires pour séduire et garder les jeunes programmeurs.
En Israël, le siège de la start-up Nexiar. Terrasse, bar, jeux-vidéos : outils nécessaires pour séduire et garder les jeunes programmeurs. © Radio France / Etienne Monin

Le Mercato du high-tech se joue en ce moment même à Tel Aviv. Pendant deux jours, du 24 au 25 octobre, le sommet de l’innovation devient la vitrine d’Israël : le rendez vous de la « start-up nation » par excellence. Mais si le marché de la haute-technologie est en plein boom, la main d’œuvre se fait rare. Les salaires augmentent et le personnel le plus qualifié se comporte en star du football : cher et difficile à garder. Face à cela, les entreprises jouent la surenchère.  

Les locaux de l'entreprise Nexar en Israël.
Les locaux de l'entreprise Nexar en Israël. / Capture d'écran du site de l'entreprise

Au dernier étage d’une tour à Tel Aviv, la start-up Nexar développe des outils de conduite intelligents pour les voitures. Le siège israélien de l’entreprise à tous les attributs indispensables pour survivre dans le domaine de la haute technologie. Une vue imprenable, une terrasse, un bar, des jeux vidéos, et même des chiens en liberté. Sur son site, Nexar vante les mérites de Tel Aviv en publiant des vidéos de vues aériennes, le confort de ses locaux avec des photos designs et le mode de vie de ses employés via un groupe Facebook "Nexarians".

« Une génération trop gâtée » 

Ce confort fait partie des arguments pour pouvoir recruter et garder des ingénieurs et des développeurs de haut vol. Selon l’Autorité de l’Innovation, il en manquerait entre 12.000 et 15.000 en Israël. Par ricochet, les salaires ont grimpé d’environ 25% ces trois dernières années assure Paule Tzuker, dirigeante de l'important cabinet de recrutement Nisha. « On est en train de développer une génération trop gâtée », s’inquiète la patronne face aux effets de la pénurie. 

A en croire l’Autorité de l’Innovation, les salaires sont beaucoup plus élevés qu’en Europe. La conséquence de cette inflation est automatique pour Eran Shir, le dirigeant de Nexar : "cela coûte plus cher de diriger une start-up en Israël".

Faire venir les talents 

Israël est victime, entre autre, d’un effet ciseaux. La croissance a dépassé la capacité de formation des universités. Plus de 300 multinationales ont installé leur centre de recherche dans le pays. Il existe entre 5.000 à 7.000 start-up locales et les investissements sont toujours plus importants.

C'est la raison pour laquelle Israël a dû s’ouvrir au marché étranger. Depuis un an, des visas accélérés sont proposés aux travailleurs étrangers de la haute technologie. L’Université est également stimulée pour former en plus grand nombre et les formations de terrain sur 4 ou 8 mois permettent d’espérer agir à moyen terme.

À Tel Aviv, il existe même une structure créée spécifiquement pour attirer les “talents” de l’étranger. « Be In Tel Aviv », une sorte de carte postale version start-up. Le site est plus qu'explicite."Si vous êtes dans la start-up, vous devriez venir à Tel Aviv", peut-on y lire en lettres majuscules. La structure permet d’accompagner les nouveaux arrivants tout en lissant l’image d’Israël, à coup de plages et de parasols, et en balisant le terrain logistique et administratif. « C'est en s’occupant du logement, de l’éducation pour les enfants, de la bureaucratie, que cela fera venir de plus en plus de talents », estime Eran Shir fondateur de Nexar et Be In Tel Aviv.

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