Les électeurs d’Emilie-Romagne et de Calabre sont appelés ce dimanche à élire les conseillers et le président de leur région. Depuis les élections générales de 2018, 8 régions ont délaissé la gauche. Sur un total de 20 régions, 12 sont désormais gouvernées par la droite, 7 par la gauche et une par les autonomistes.

Manifestation des "Sardines", opposants à Salvini, à Bologne, le 19 janvier, où les électeurs sont appelés aux urnes ce week-end. Le 14 novembre 2019, ils étaient 15 000 à initier le mouvement.
Manifestation des "Sardines", opposants à Salvini, à Bologne, le 19 janvier, où les électeurs sont appelés aux urnes ce week-end. Le 14 novembre 2019, ils étaient 15 000 à initier le mouvement. © AFP / Andreas Solaro

En Italie, à la veille d'un scrutin très suivi en Emilie-Romagne et en Calabre, la majorité au pouvoir, une coalition de centre-gauche formée par le Parti démocrate et le Mouvement 5-Etoiles, affirme que les élections régionales n’ont aucun caractère national et n’auront pas d’influence sur le gouvernement en place.

Pour l’opposition, avec la Ligue de Matteo Salvini, Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni et Forza Italia de Silvio Berlusconi, c'est tout le contraire. Et la droite met en avant ses victoires, qui se succèdent depuis les dernières élections nationales : elle n’a jamais perdu un scrutin régional, excepté le jour-même dans le Latium, où les électeurs de la région étaient également appelés aux urnes !

Le chef de l’opposition Matteo Salvini a déjà prévenu qu’il réclamera des élections anticipées dès lundi, au lendemain des élections dans les régions de Catanzaro et Bologne, qu’il espère remporter.

Car l'enjeu n'est pas négligeable. Le président et le conseil régional ont des pouvoirs élargis, et ils peuvent proposer des lois à la Chambre des députés. Car le pouvoir législatif est exercé par l’État et les régions en Italie. Les régions, dont les élus sont désignés par le suffrage universel direct (un seul tour de scrutin) pour cinq ans, sont compétentes dans plusieurs domaines, comme les transports, le tourisme, la culture ou la santé.

Deux régions en suspens, en bascule ? 

L’Emilie-Romagne et ses 4,5 millions d’habitants forment l’enjeu majeur de ce week-end, car les sondages donnent droite et gauche au coude-à-coude. La région est une place forte de la gauche, qui l’a toujours présidée depuis 1970 et la création de 15 régions en Italie en plus des 5 régions plus autonomes. Le Parti démocrate gouverne l’Emilie-Romagne avec une coalition de Centre-gauche.

La région est l’une des plus dynamiques du pays, son taux de chômage l’un des plus faibles et la gestion du président sortant Stefano Bonaccini est même saluée par ses opposants. Il a fait campagne sur son bilan et s’est peu affiché avec son parti politique.

Face à lui, la candidate de la coalition de centre-droit Lucia Borgonzoni, de la Ligue, est presque passée inaperçue tellement Matteo Salvini était présent. Le chef de la Ligue et de l’opposition a fait un enjeu national de cette élection. Il a trouvé face à lui le mouvement antifasciste des sardines, en réponse à ce choix de nationaliser la campagne.

Les sardines sont nées à Bologne le 14 novembre 2019 pour s’opposer au populisme de la Ligue et ont réussi à mobiliser plus d'un million de personnes sur les places d’Italie. Après avoir rempli les places, sauront-elles remplir les urnes ?   

En Calabre, également, le Parti démocrate est au pouvoir, mais là, les sondages donnent une avance à la candidate Forza Italia Jole Santelli, de la coalition de centre-droit avec la Ligue et Fratelli d’Italia. Face à elle, la gauche est divisée avec un candidat du parti démocrate et un candidat du Mouvement 5-Etoiles. La Calabre pourrait donc passer à droite.

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