Le second tour des élections locales en Pologne se déroule ce dimanche, sur fond de division forte entre des campagnes largement favorables au parti conservateur en place et des villes qui l'ont fortement rejeté.

La Pologne avait enregistré un taux de participation record lors du premier tour des élections municipales, il y a deux semaines.
La Pologne avait enregistré un taux de participation record lors du premier tour des élections municipales, il y a deux semaines. © AFP / Janek SKARZYNSKI

Le parti conservateur au pouvoir en Pologne a été conforté dans sa politique après son arrivée en tête du premier tour des élections régionales, dimanche 21 novembre, malgré un revers important dans les grandes villes. Ce dimanche, l'issue du deuxième tour, devrait confirmer ces tendances.

Dans les conseils régionaux, le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) devrait renforcer ses positions, lui qui ne contrôlait jusqu'alors qu'une seule entité locale sur seize, sans nécessairement parvenir à y mettre en place les coalitions nécessaires pour gouverner, dans notamment trois régions où le parti en place n'a pas obtenu de majorité absolue. 

Le parti ultraconservateur est arrivé en tête dans neuf voïvodies (régions), les sept autres étant emportées par la coalition d'opposition, la Coalition civique, composée de la Plateforme civique (PO, centriste) et du parti libéral Nowoczesna.

A Varsovie, Rafal Trzaskowski (PO), 46 ans, ancien député européen et ancien ministre, a été élu au premier tour avec 56,67 %, soit le double de son rival du PiS, le vice-ministre de la Justice, Patryk Jaki, 33 ans, qui a obtenu 28,53 % des voix.

L'opposition s'est adjugé aussi dès le premier tour les mairies de plusieurs autres grandes villes, dont Lodz, Poznan, Lublin et Wroclaw. À Gdansk et à Cracovie le maire sera élu au second tour, ce dimanche.

Participation record

La campagne a été relativement animée entre les conservateurs et l'opposition. Des débats qui expliquent probablement la participation record constatée de 54,76 %, contre 47,40 % en 2014.

Scrutin sur fond de vives tensions avec la Commission européenne, les élections locales en Pologne constituent un test, à six mois des européennes, fin mai, et à un an des législatives. Et pourtant, le président du PiS Jaroslaw Kaczynski ainsi que celui de la Plateforme Civique Grzegorz Schetyna se sont réjouis de ce qu'ils considèrent tous les deux comme leur victoire. 

Du côté des conservateurs, Jaroslaw Kaczynski a vu "un bon signe annonciateur pour les législatives", prévues dans un an, tout en appelant ses troupes à "travailler dur d'ici là". Il a fait acclamer par ses partisans le Premier ministre Mateusz Morawiecki qui s'était engagé à fond dans la campagne électorale.  

Le parti conservateur a bénéficié de sa généreuse politique sociale, rendue possible par la bonne marche de l'économie. Ses électeurs voient dans Jaroslaw Kaczynski un défenseur des intérêts polonais face à l'UE, y compris en ce qui concerne le refus d'accueillir des migrants.

Son opposant Grzegorz Schetyna, lui, a vu dans le résultat de sa formation "un premier pas vers la victoire". L'opposition, qui juge les réformes et les procédés du PiS inconstitutionnelles et déplore le conflit avec Bruxelles autour des réformes de la Justice, consolide ainsi l'électorat hostile aux ultraconservateurs polonais.

La Coalition civique n'a toutefois obtenu la majorité que dans une d'entre elles, et pour gouverner dans d'autres, elle devra former une coalition soit avec le Parti paysan (PSL), son allié naturel, soit avec le parti social-démocrate (SLD), soit encore avec des comités indépendants.

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