En sept mois, le président américain se sera séparé des cinq ténors sur lesquels il pouvait s'appuyer.

Sur cette photo du 28 janvier 2017, (de gauche à droite) Reince Priebus, Mike Pence, Steve Bannon, Sean Spicer et Michael Flynn entourent Donald Trump lors d'un entretien avec Vladimir Poutine.
Sur cette photo du 28 janvier 2017, (de gauche à droite) Reince Priebus, Mike Pence, Steve Bannon, Sean Spicer et Michael Flynn entourent Donald Trump lors d'un entretien avec Vladimir Poutine. © Getty / Drew Angerer

Donald Trump a remercié samedi le controversé Steve Bannon pour ses services. Après avoir limogé vendredi son ancien conseiller stratégique, le président des États-Unis se retrouve seul dans un climat très tendu au sein de l'exécutif américain.

La Maison Blanche a annoncé sèchement vendredi le départ de Steve Bannon, après plusieurs jours d'une profonde polémique provoquée par l'ambiguïté du président sur les responsabilités derrière les violences racistes ayant secoué Charlottesville le 12 août. Sept mois après son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a ainsi lâché nombre de poids lourds dont il s'était entouré lors de sa prise de fonctions, le 20 janvier dernier.

Steve Bannon, le trop à droite

C'était certainement le lieutenant le plus décrié de Donald Trump, mais celui qui aura tenu le plus longtemps : 210 jours. Preuve de l'influence du discret conseiller du candidat Trump, cet homme de l'ombre proche de l'extrême-droite était surnommé le "président Bannon". Le président américain lui doit en partie sa victoire dans la dernière ligne droite de sa campagne, grâce au tournant populiste des derniers instants.

Au sein de la Maison Blanche, la coopération entre Bannon et d'autres ténors s'est résolument soldée en guerre interne. Mais l'ancien patron du site très droitier Breibart News a assuré qu'il continuerait "à se battre" pour Donald Trump.

Passage éclair pour Scaramucci

A l'autre bout du classement, le communiquant Anthony Scaramucci a coiffé au poteau la prestation déjà remarquée du Michael Flynn, l'ex-conseiller à la sécurité nationale. Si l'ancien chef du renseignement militaire n'avait tenu que 22 jours, en raison de l'apparition de son nom dans l'affaire russe, et avait été contraint à démissionner le 13 février dernier, la bourde du communiquant est plus remarquable encore.

Arrivé le 21 juillet à la Maison Blanche, "The Mooch", dont les services ont été requis pour colmater les fuites vers la presse, a été trop bavard. Lors d'une conversation avec un journaliste du New Yorker peu après sa nomination, Scaramucci émet critiques et propos insultants à l'encontre des poids lourds de Washington, Steve Bannon en tête. Il est remercié au bout de dix jours.

Scaramucci avait succédé à Sean Spicer, après 182 jours pendant lesquels le porte-parole avait eu à assumer la délicate tâche de sous-titrer, les déclarations et les propos parfois brouillons ou incohérents du président Trump.

Reince Priebus enfin, l'ancien président du parti républicain, a lui aussi quitté Donald Trump le 31 juillet dernier. Chargé du rôle hautement stratégique de "chief of staff", le secrétaire général n'a jamais réussi à s'imposer à la Maison Blanche. Quand Scaramucci le traite de "schizophrène paranoïaque", c'en est trop. Face au manque de soutien du président américain, il lui fait ses adieux après 189 jours de collaboration.

Sur la photo utilisée pour illustrer cet article ne reste donc que Mike Pence, le vice-président de Donald Trump.

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