Face à des médias traditionnels muselés, les opposants à Vladimir Poutine ont cru pouvoir se tourner vers internet pour s'exprimer librement. Mais en Russie, ce n'est pas si facile.

Quasiment toutes les chaines de télé russes sont contrôlées par le pouvoir
Quasiment toutes les chaines de télé russes sont contrôlées par le pouvoir © Maxppp / Trend

Après l'ère soviétique, la presse écrite et la télévision ont été reprises par le pouvoir au début des années 2000 en Russie. Aujourd'hui, la télévision publique est entièrement tenue par les proches de Vladimir Poutine. Le président russe s'y invite régulièrement. 

En novembre dernier, la Douma, la Chambre basse du Parlement, a adopté en urgence une loi permettant de qualifier des médias étrangers, ou russes, d’"agents de l’étranger" s'ils bénéficient d’un financement international.

Les médias russes indépendants, de plus en plus isolés sont de plus en plus menacés. 

Roskomnadzor, le puissant organe de contrôle

Mais Vladimir Poutine est allé plus loin lors de son troisième mandat. Les médias alternatifs ont été bloqués par l’organe de contrôle des communications, Roskomnadzor, alors que certains ont carrément été rachetés par des soutiens du pouvoir. Les seuls qui ont pu garder leur ligne éditoriale contestataire doivent être payants ou republic ou demeurent très confidentiels. 

Le site OpenRussia, de Mikhaïl Khodorkovsky, a été bloqué en décembre dernier. MBK media a été créé en remplacement, mais a été à son tour fermé en février 2018.

Le site d'Alexeï Navalny bloqué

Déclaré inéligible jusqu'en 2024 en raison d'une condamnation judiciaire, l'opposant numéro un au régime, Alexeï Navalny, n'a pas pu se présenter à cette élection. Et le 15 février dernier, son site, navalny.com, a été bloqué par Roskomnadzor sur décision du tribunal.

Pour l'opposant, qui s'exprimait sur Twitter :

Roskomnadzor a bloqué à la demande de (l'oligarque russe Oleg) Deripaska.

Ces blocages invitent les rédactions en activité à être prudentes quant à leur politique éditoriale et à respecter scrupuleusement la législation. C'est ce que démontre également le documentaire du réalisateur russe Notre nouveau président, qui non seulement montre le rôle des médias russes dans la campagne électorale américaine de 2016 et l'élection de Donald Trump, mais montre également à quel point les médias russes sont sous la coupe du pouvoir.

►REGARDER | La bande annonce du film Notre nouveau président sur l'influence du pouvoir sur les médias russes

Seule alternative : les réseaux sociaux

Difficile, dans ce contexte, de couvrir la campagne électorale de 2018, ou de s'exprimer en tant qu'opposant. 

Mais les réseaux sociaux, eux, restent (pour l'instant) à l'abri. Pas de blocage. 

Telegram semble de plus en plus populaire auprès des sites d’information alternatifs. 

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