Ce samedi, l'ancien ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini comparaissait devant les juges. Une audience préliminaire avant un éventuel procès, pour avoir empêché le débarquement de 116 migrants à l'été 2019. Accusé d'abus de pouvoir et de séquestration, il veut transformer l'audience en tribune politique.

Matteo Salvini, après son audience à Catane en Sicile
Matteo Salvini, après son audience à Catane en Sicile © AFP / Alberto PIZZOLI

C'est une audience symbolique qui s'est ouverte ce samedi à Catane, en Sicile : Matteo Salvini, ancien ministre de l'Intérieur italien et chef de la Ligue, son parti d'extrême droite, faisait face aux juges pour une audience préliminaire avant un éventuel procès. L'ex-ministre est accusé d'abus de pouvoir et de séquestration de personnes, pour avoir empêché le débarquement de 116 migrants à l'été 2019.

Un "show" orchestré sur place

Mais Matteo Salvini, qui baisse dans les sondages d'opinion, veut transformer l'audience en tribune politique : il était venu ce samedi matin au tribunal avec quelques troupes. Non loin de là, des opposants manifestaient aussi dans une zone totalement bouclée : ces opposants de Catane refusent de voir leur ville envie par les liguistes d'extrême-droite, et estiment le procès justifié. 

Toutefois, les soutiens du patron de la Ligue sont plus nombreux, même s'ils se comptent plutôt en centaines qu'en milliers. La plupart d'entre eux s'était rassemblée, à la mi-journée, sur le port de Catane, où une scène avait été montée pour le "show" de Salvini, alors que les juges ne s'étaient pas encore décidés sur la poursuite ou la suspension du procès. 

Soutiens populaires et politiques

Les militants de la Ligue arboraient tous un t-shirt sur lequel est écrit "Faites-moi un procès aussi". "Salvini a fait ce pour quoi j'ai voté : il a défendu les frontières. C'est ce que je voulais quand je l'ai élu, alors qu'ils me fassent un procès à moi aussi", dit une Romaine, venue en soutien à l'ancien ministre.

Les soutiens du patron de la Ligue sont également politiques : toute la droite est également présente, de celle de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et celle de Fratelli d'Italie, l'autre parti d'extrême-droite qui monte. Sa présidente Giorgia Meloni a jugé ce procès "monstrueux pour la démocratie". La droite est donc unie derrière celui qui, à l'heure actuelle, est encore le leader de l'opposition.