Le parlement suédois issu des législatives du 9 septembre a refusé d'accorder sa confiance au gouvernement de centre gauche de Stefan Lofven, qui va devoir démissionner. Aucune majorité ne s'est dessinée après le scrutin.

Le parlement suédois ne vote pas la confiance envers le gouvernement de Stefan Lofven
Le parlement suédois ne vote pas la confiance envers le gouvernement de Stefan Lofven © Maxppp / ANDERS WIKLUND/EPA/Newscom/MaxPPP

Les partis de la droite et du centre en Suède avaient remporté lundi, grâce aux voix de l'extrême droite, la présidence du Parlement issu des législatives du 9 septembre, qui n'ont pas permis de dégager de majorité.  Andreas Norlén a été élu président du parlement, le Riksdag avec 203 voix sur 349 face à la candidate sociale-démocrate.

Dans la foulée, la motion de censure contre le Premier ministre sortant, le social-démocrate Stefan Löfven, a obtenu une large majorité mardi

Désarçonné, Löfven expédiera les affaires courantes jusqu'à la nomination d'un nouveau chef de gouvernement, processus qui pourrait prendre des semaines car le paysage politique suédois est très fragmenté. 

L'élection du président du Parlement est d'autant plus importante que c'est lui qui, après des législatives, désigne le dirigeant de parti réputé avoir les meilleures cartes en main en vue de former une coalition. 

Le vote s'est tenu à bulletins secrets. 

Si les Démocrates (ndlr : l'extrême-droite) veulent tenir leurs promesses électorales, ils devront tôt ou tard exiger de l'influence, selon le quotidien Dagens Nyheter.  

Avec 144 parlementaires élus, le bloc de centre-gauche sortant dispose d'un seul siège d'avance sur les quatre partis formant l'Alliance de la droite et du centre

Aucun des deux camps ne dispose de la majorité absolue

Certains à droite souhaiteraient s'assurer du soutien des Démocrates de Suède (extrême-droite), troisième parti du pays, une option inacceptable pour le Centre et les Libéraux. Ces derniers ont fait savoir qu'ils quitteraient l'Alliance en cas d'accord - par exemple sur l'immigration - des conservateurs et des chrétiens-démocrates avec l'extrême droite.  L'autre alternative est de trouver un compromis avec les sociaux-démocrates sur les grands dossiers de la rentrée politique, en particulier le vote du budget

"Pour que l'Alliance forme un gouvernement dans la situation actuelle, elle a besoin de soutien au-delà des blocs (...) en matière de politique économique et pour faire avancer les réformes", a rappelé lundi la présidente du Centre. 

Vers de nouvelles élections ? 

Andreas Norlen, 45 ans, a les clés pour débloquer l'impasse politique dans laquelle se trouve la Suède. C'est lui qui doit proposer le nom d'un Premier ministre.

C'est lui qui a la responsabilité de désigner le dirigeant qui semble avoir les meilleures cartes en main pour former un gouvernement. Ce qui s'avère complexe. Le bloc de gauche et le bloc de droite n'ont qu'un siège d'écart au Parlement.

Andreas Norlen devrait sans surprise pencher en faveur du leader de son parti, les Modérés.

Il s'agit de Ulf Kristersson, ancien gymnaste de 54 ans, diplômé d'économie, qui a fait campagne sur la réduction des prestations sociales.

Ulf Kristersson devra ensuite former un gouvernement. Et sa position est délicate : s'il veut obtenir une  majorité au Parlement, il devra s'allier avec l'extrême-droite, les Démocrates de Suède.

Mais au niveau du gouvernement, Kristersson a toujours refusé cette alliance. Son bloc est plus divisé sur cette question.

- Le conservateurs et les chrétiens-démocrates se montrent disposés à collaborer avec l'extrême-droite. Certains le font déjà à l'échelle locale et municipale;

- Le Centre et les Libéraux, eux, refusent catégoriquement. Ils ont même menacé de quitter le Bloc de droite en cas d'accord entre les conservateurs et le SD; 

-De son côté, le leader de l'extrême droite,  Jimmy Akesson, a promis de bloquer toute formation d'un gouvernement qui ne reprendrait pas ses propositions, notamment sur l'immigration et la santé.

Les négociations pour former un nouveau gouvernement pourraient donc prendre plusieurs semaines. Le paysage politique suédois n'a jamais été aussi fragmenté et cela pourrait mener à de nouvelles élections avant la fin de l'année.

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