Damas, capitale syrienne.
Damas, capitale syrienne. © Reuters / Omar Sanadiki

Après un accord inédit avec le régime syrien, 4 000 combattants rebelles et leurs familles devaient évacuer ce samedi trois quartiers sud de Damas. Mais la mort d'un chef rebelle vendredi pourrait mettre l'accord en péril.

Il s’agit du premier accord de ce type impliquant l’organisation Etat Islamique. Le régime de Bachar Al Assad et les représentations de la population locale ont convenu d’évacuer le camp de réfugiés palestiniens de Yamourk ainsi que les quartiers voisins de Qadam et de Hajar al-Aswad.

Yamourk était assiégé depuis bientôt 3 ans par l’armée loyaliste. Le siège a provoqué d’intenses famines et la mort de nombreux civils. Les 4 000 combattants rebelles et leurs familles étaient censés se rendre, avec armes et bagages, à Raqqa, bastion de Daech.

Plusieurs sources proches des négociations ont cependant indiqué samedi à la mi-journée que l'accord était suspendu. Les bus qui devaient transporter les personnes évacuées sont repartis vides. Un échec que la télévision du Hezbollah libanais attribue à la mort de Zahran Allouch, chef d'un puissant groupe rebelle, tué vendredi lors d'un bombardement aérien. Si l'accord devait toutefois être respecté, cela dessinerait un peu plus les contours de la future Syrie, très fragmentée.

Balkanisation" de la Syrie

Les spécialistes appellent ce phénomène la « balkanisation » ou la « libanisation » d’un État. Autrement dit : l’éclatement suite à l’affrontement de communautés. Trois zones peuvent d'ores et déjà être identifiées:

  • Le réduit alaouite : zone côtière au nord du Liban, qui comprend notamment les ports de Tartous et de Lattaquié. La communauté alaouite et les soutiens du Baas, le parti de Bachar Al Assad pourraient s’y replier, de même que les chrétiens.
  • Unezone kurde : au nord, le long de la frontière kurde. Ce Kurdistan syrien, le Rojava, est l’une des explications de la lourde implication des kurdes dans la lutte contre les djihadistes.
  • Le reste du pays pourrait être laissé aux rebelles sunnites : le groupe Etat Islamique ainsi que les autres factions rebelles dont le Front Al-Nosra risquent d’en disputer le contrôle entre elles mais aussi avec l’armée libre et l’opposition laïque.
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