tensions lors des funérailles de mohamed brahmi en égypte
tensions lors des funérailles de mohamed brahmi en égypte © reuters

Une foule immense a accompagné le corps du dirigeant de l’opposition Mohamed Brahmiassassiné jeudi. Le rassemblement a très vite tourné à la manifestation contre le gouvernement.

Des dizaines de milliers de personnes, ont assisté aux obsèques de Mohamed Brahmi. La mort de l'opposant laïque, abattu de plusieurs balles, a provoqué des manifestations parfois violentes à travers le pays. Mohamed Brahmi a été inhumé au cimetière du Djellaz dans le "carré des martyrs" où repose déjà Chokri Belaïd, l'autre grande figure de l'opposition laïque, assassinée le 6 février dernier. Juste après les funérailles, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les milliers de manifestants qui réclamaient la démission du gouvernement. L'opposition tunisienne accuse toujours Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, d'être à l'origine de ses assassinats politiques.

A Tunis, le reportage de notre correspondante Camille Lafrance

D'importantes forces de police et des militaires avaient été déployés entre le domicile de Mohamed Brahmi et le cimetière, alors que des hélicoptères de l'armée survolaient le quartier. Dans la foule, les slogans hostiles au gouvernement pleuvaient :

Le peuple veut renverser le régime! Avec notre sang, avec notre âme, nous sommes prêts au sacrifice et au martyre!

A quelques heures des obsèques de Mohamed Brahmi, une bombe dissimulée à l'intérieur d'une voiture de police a explosé à Tunis. Un gendarme a été blessé.

Qui est l'assassin ?

La veille déjà, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues à l'appel de l'opposition pour dénoncer l'assassinat de Mohamed Brahmi. En réponse, les islamistes ont eux aussi manifesté pour soutenir le gouvernement et rejeter les appels à sa démission. Quarante-deux députés ont annoncé qu'ils quittaient leurs sièges à l'Assemblée constituante, qui compte 217 membres, en signe de protestation.

Après l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi, six mois après celui d'une autre figure de la gauche Chokri Belaid, le ministre de l'Intérieur, Lotfi ben Jeddou, a fait le lien entre les deux affaires. Excluant l'implication de partis politiques, il se tourne vers la piste salafiste. Un homme serait impliqué dans ces deux meurtres et la même arme aurait été utilisée à chaque fois. La famille du défunt n'a pas confiance en ces déclarations du Ministère de l'Intérieur.

Al Arbi Aouani, le beau frère de la victime

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