viktor ianoukovitch annonce une présidentielle anticipée et un gouvernement d’unité en ukraine
viktor ianoukovitch annonce une présidentielle anticipée et un gouvernement d’unité en ukraine © reuters

Une nouvelle élection présidentielle anticipée, une réforme constitutionnelle, et un gouvernement d'unité nationale : trois promesses du président ukrainien pour tenter de reprendre le contrôle après trois jours de violence. Mais rien n'est encore sûr...

La présidence ukrainienne a annoncé dans la matinée qu'un accord avait été trouvé et qu'il serait signé dans la journée, mais la plus grande prudence reste de mise. Car si sur le papier les mesures semblent intéressantes pour l'opposition, il faut encore la convaincre qu'elles se concrétiseront.

Témoin du scepticisme qui prévaut en Ukraine, Irina Slavinska, journaliste à Kiev (au micro d'Alice Pozycki)

Constantin Sigov, professeur de philosophie à Kiev, assure lui que seule la démisssion immédiate de Ianoukovitch pourra ramener la paix

Laurent Fabius, Radoslaw Sikorski et leur homologue allemand Frank-Walter Steinmeier sont sans doute en grande partie à l'origine de cette volte-face. Arrivés jeudi matin à Kiev,ils ont prolongé leur mission et négocié toute la nuit, faisant la navette entre le président Viktor Ianoukovitch et les principaux chefs de file de la contestation, l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk, l'ex-boxeur Vitali Klitschko qui dirige le parti libéral Oudar et le nationaliste Oleh Tiahnibok.

Situation toujours tendue à Kiev
Situation toujours tendue à Kiev © Radio France / Eric Damaggio

Dans la soirée, les manifestants de Maïdan ont observé une veillée funèbre pour rendre hommage à leurs camarades tués, à la lueur de leurs écrans de téléphones portables. Des secouristes transportaient des corps sur des brancards à travers des rangées de manifestants scandant "Héros, Héros", en hommage aux morts.

► ► ► DIRECT VIDEO | La place Maïdan filmée 24h/24 par des webcams

Nouvelles violences à Kiev

Alors qu'un calme précaire régnait vendredi à l'aube sur Kiev, la police ukrainienne a annoncé dans un communiqué que des manifestants avaient ouvert le feu sur des policiers qui ont riposté. Ces affrontements se sont produits dans le centre de Kiev, entre la place de l'Indépendance et le Parlement, distant de 1.500 mètres environ.

La police ukrainienne ne dit pas si ces échanges de coups de feu ont fait des victimes. Aucune confirmation n'a pu être obtenue dans les rangs des contestataires.

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La crise ukrainienne, déclenchée fin novembre par la volte-face du président Viktor Ianoukovitch sur le rapprochement négocié depuis des mois avec l'Union européenne, a basculé dans une nouvelle dimension cette semaine avec 75 morts au moins depuis mardi, dont 47 pour la seule journée de jeudi.

Dans le hall de l'hôtel Ukrainia, des draps pour cacher les nombreux corps
Dans le hall de l'hôtel Ukrainia, des draps pour cacher les nombreux corps © Radio France / Eric Damaggio

Au cours de cette journée d'affrontements sans précédent en Ukraine depuis l'indépendance de 1991, les opposants ont repris le secteur de "Maïdan" dont les forces de l'ordre les avaient délogés lors de l'assaut donné mardi soir. Des éléments de la "Berkout", la police anti-émeutes, ont tiré à l'arme automatique pour couvrir le repli de leurs collègues, d'autres ont été vus tirant sur la foule depuis un toit dominant la place.

Des violences qui continuent encore aujourd'hui, même après les annonces présidentielles.

Reportage à Kiev d'Antoine Giniaux

En attendant une concrétisation des mesures annonces, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont mis d'accord sur une privation de visas et sur un gel des avoirs des dirigeants ukrainiens responsables des violences commises au cours des deux derniers jours à Kiev.

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