grande manifestation pro-gouvernementale à kiev
grande manifestation pro-gouvernementale à kiev © reuters

Des dizaines de milliers d'Ukrainiens sont descendus dans les rues de Kiev en soutien au président Viktor Ianoukovitch, tout près des opposants qui campent depuis des semaines place de l'Indépendance. le maire de la capitale, lui, a été remercié.

"Nous sommes venus soutenir le président et l'ordre", explique une jeune manifestante de 18 ans. "Ianoukovitch est ce que nous avons de mieux pour le moment.

Le ton est très différent de celui des manifestants qui, depuis plusieurs semaines, crient leur opposition au régime ukrainien. Des opposants déçu, encore, par la "table ronde" organisée hier et qui n'a abouti sur aucun accord.

En face, les soutiens du président ont fait une démonstration de force, qui permet au président Ianoukovitch de reprendre, un temps, la main en attendant la grande manifestation prévue demain contre le régime.

Une journée qui doit beaucoup aux manifestants venus des provinces de l'Est... Certains étaient même payés pour venir. Explications de Marc Crépin

Un geste fort accompagné d'un geste symbolique d'apaisement : le chef de l'administration centrale de Kiev a été démis de ses fonctions, tout comme un conseiller de la sécurité nationale, pour avoir ordonné la répression policière brutale du 30 novembre dernier.

Mobilisation intacte de l'opposition

Pas certain que ces deux tentatives d'apaiser la situation arrive à convaincre les opposants de quitter la rue. Dans la journée, ces derniers attendaient l'arrivée de deux sénateurs américains (dont John McCain) pour deux jours de discussion avec le pouvoir et l'opposition. Washington envisage actuellement des sanctions contre l'Ukraine en cas de répression des manifestants.

Côté russe, on dénonce "l'hystérie" des des opposants. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est convaincu que le mouvement et les réactions qu'ils suscitent sont exagérés.

Il ne fait aucun doute que des provocateurs sont derrière (les manifestations). Le fait que nos partenaires occidentaux aient apparemment perdu tout sens des réalités me rend triste. Il est stupéfiant de voir que le pays est au bord de l'hystérie en raison d'une décision souveraine prise par le gouvernement légitime de l'Ukraine.

Reste que jusqu'ici, le dialogue peine à se rétablir. L'un des chefs de file de l'opposition, Vitali Klitschko, parle même d'un dialogue de sourds. Il affirme que, depuis le début des discussions, pas une fois les autorités n'ont "écouté la moindre demande de l'opposition".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.