[scald=224049:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les ravisseurs du groupe de sept français enlevés le 19 février dans le nord du Cameroun ont diffusé lundi un enregistrement sonore d'un homme qui se présente comme étant le père de famille et assure que les siens ne tiendront pas longtemps.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a revendiqué le 25 février dernier l'enlèvement et la détention des trois adultes et quatre enfants d'une même famille, enlevés au Cameroun et conduits ensuite au Nigeria.

Dans ce document sonore transmis à Reuters, un homme, qui se présente comme étant Tanguy Moulin-Fournier, s'adresse successivement en français puis en anglais à l'ambassadeur de France au Nigeria et au président camerounais Paul Biya.

"Nous sommes détenus depuis 25 jours dans un endroit désertique, les conditions de vie sont très dures: eau chaleur, nourriture, sommeil", déclare l'homme.

"Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades. Nous ne tiendrons pas longtemps", ajoute-t-il.

Le groupe Boko Haram réclame la libération des femmes et des enfants membres de l'organisation détenus dans les prisons nigérianes, poursuit Tanguy Moulin-Fournier.

"M. l'ambassadeur, je vous supplie de tout mettre en oeuvre pour qu'une solution soit trouvée, nous ne tiendrons pas longtemps, vous êtes notre espoir", dit l'otage français.

Ce haut cadre de GDF Suez, expatrié au Cameroun depuis 2011, s'adresse enfin au président camerounais Paul Biya qu'il exhorte à "libérer les hommes qui ont été arrêtés au Cameroun".

"Boko Haram ne veut pas entrer en conflit avec le Cameroun, mais si vous arrêtez à nouveau leurs membres, ils multiplieront les enlèvements et les opérations suicide au Cameroun avec autant de force qu'au Nigeria", déclare-t-il en anglais.

VÉRIFICATIONS

A Paris, le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot a confirmé la diffusion d'un enregistrement d'un membre de la famille et indique que les vérifications nécessaires sont en cours.

"Comme le ministre l'a déjà indiqué à la famille de nos compatriotes, tous les services de l'Etat sont mobilisés pour obtenir leur libération et leur retour sains et saufs en France le plus vite possible", indique-t-il dans un communiqué.

Une première vidéo postée le 25 février sur le site internet YouTube montrait la famille, les quatre enfants assis par terre devant les adultes, et un militant masqué qui exigeait la libération des militants du mouvement emprisonnés au Cameroun et au Nigeria.

Dans cette même vidéo, l'un des ravisseurs s'exprimant en arabe menaçait de tuer les otages français si les revendications du groupe n'étaient pas satisfaites. Il accusait également le président français François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l'islam.

Quinze français au total sont retenus en otage dans le monde.

François Hollande a assuré début février qu'il n'y "avait pas de questions financières qui puissent être évoquées" concernant la libération des otages français retenus au Sahel.

L'Etat refuse désormais non seulement toute transaction financière mais il "s'opposera à toute forme de versement", indique un conseiller ministériel cité lundi par Le Monde.

John Irish, avec Marine Pennetier, édité par Patrick Vignal

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