Le chef de l'Église catholique, le pape François, a exhorté le monde à aider les migrants tandis qu'à Bethleem, la messe de Noël s'est transformée en tribune contre la décision de faire de Jérusalem la capitale d'Israël.

Le pape François pendant son homélie du 24 décembre
Le pape François pendant son homélie du 24 décembre © AFP / Andreas SOLARO

Dans sa traditionnelle homélie de Noël, le père de l'Église catholique a demandé dimanche aux 1,3 milliard de fidèles de la planète de ne pas ignorer le drame des migrants souvent "expulsés de leurs terres" par des dirigeants prêts à "verser du sang innocent". Le pape François a ainsi appelé le monde à "l'hospitalité". 

L'Argentin Jorge Bergoglio, petit-fils de migrants italiens, a fait du sort des réfugiés l'un des thèmes fondamentaux de son pontificat entamé voici près de cinq ans. "Personne ne doit sentir qu'il n'a pas sa place sur cette Terre", a-t-il estimé dans sa traditionnelle homélie de la veillée de Noël, précédant son cinquième message de Noël "Urbi et orbi" ("à la ville et au monde"), à la tonalité plus politique, qu'il adressera ce lundi. 

A Bethléem, messe politique

Autre temps fort spirituel de la veille de Noël, la messe de minuit dans l'antique Bethléem, là où est né Jésus selon le Nouveau Testament, n'a pas échappé aux tensions du moment. Pierbattista Pizzaballa, haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient qui a célébré la messe, a exhorté au courage les chrétiens, "préoccupés et peut-être épouvantés de la diminution de [leur] nombre" dans une région en plein tumulte.  Il a fustigé les guerres menées par "les Hérode d'aujourd'hui pour devenir plus grands, occuper plus d'espace", en faisant référence à l'ancien roi de Judée. 

Dans l'antique Bethléem, aujourd'hui en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, il n'a pu s'empêcher de se démarquer de son discours prévu pour évoquer la décision unilatérale prise le 6 décembre par Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale d'Israël. Les églises traditionnelles ont déjà exprimé leur réprobation. Mais Mgr Pizzaballa a insisté : "Jérusalem est une cité de paix, il ne peut y avoir de paix si l'un est exclu", a-t-il dit en s'appuyant sur le principe déjà affirmé que Jérusalem doit être une ville pour deux peuples et trois religions.  

"Jérusalem est notre mère" et si la mère perd un de ses enfants, elle "ne peut trouver la paix, alors prions pour Jérusalem", a-t-il dit dans son homélie prononcée en présence du président palestinien Mahmoud Abbas.  

La décision de Donald Trump a provoqué des manifestations quasi-quotidiennes dans les Territoires, et terni la fête de Noël pour les chrétiens palestiniens.  Sur la place de la Mangeoire, l'ambiance était morose, malgré les chants de Noël diffusés par hauts-parleurs.  Quelques centaines de Palestiniens et de touristes étrangers ont bravé un vent froid près de l'église de la Nativité érigée sur le site où, selon la tradition, Marie donna naissance à Jésus, pour regarder un défilé de scouts. Dans la soirée, les premières pluies denses depuis pas mal de temps ont encore assombri les esprits. 

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