Mariano Rajoy s'explique devant les députés
Mariano Rajoy s'explique devant les députés © REUTERS/Susana Vera

Sous forte pression politique et médiatique depuis que son nom est apparu dans "l'affaire Barcenas", un scandale de corruption présumée, le chef du gouvernement de droite espagnol a du s’expliquer ce matin, durant une heure, devant les députés.

Mariano Rajoy, a assuré qu'il "s'est trompé" en faisant confiance à l'ex-trésorier de son parti, Luis Barcenas, à l'origine du scandale de corruption, sans convaincre l'opposition qui a renouvelé son appel à la démission.

Luis Barcenas, l'homme qui a tenu les finances du Parti populaire pendant une vingtaine d'années, aurait versé de l'argent au noir à plusieurs de ses dirigeants, dont le chef du gouvernement lui-même. Il est en prison depuis le 27 juin pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, dans le cadre d'une affaire de corruption. La justice a découvert notamment qu'il avait détenu deux comptes en Suisse dotés au total de 47 millions d'euros.

A Mariano Rajoy qui prétendait démentir les "mensonges et les manipulations" le concernant, le chef du Parti socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba a répondu

Monsieur Rajoy, vous n'avez pas dit la vérité aux Espagnols. Vous portez préjudice à l'Espagne. Pour cela, je vous aujourd'hui demande de partir.

Selon des documents publiés par El Pais, devenues célèbres sous le nom des "notes de Barcenas", le chef du gouvernement aurait perçu, entre 1997 et 2008, "des paiements pour un montant total de 25.200 euros par an" provenant de dons de chefs d'entreprises privées. Le journal El Mundo a calculé que c'est une somme totale de "343.700 euros" que l'ex-trésorier aurait destinée à Mariano Rajoy durant une vingtaine d'années.

S'il n'a fait aucun aveu, le Premier ministre a reconnu que le parti avait versé des "rémunérations complémentaires" à certains de ses dirigeants "pour leur travail". Mariano Rajoy s'est aussi appuyé sur une amorce d'embellie pour l'économie espagnole: une baisse du chômage au deuxième trimestre, passé de 27,16% à 26,26%, et un ralentissement du repli de l'économie.

La correspondance de Mathieu de Taillac

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