L’Espagne entre en campagne électorale pour les législatives du 26 juin. Peut-être la pire campagne de son histoire pour le Parti Socialiste, en chute libre dans les sondages.

Pablo Iglesias et Alberto Garzon lancent leur campagne commune le 10 juin
Pablo Iglesias et Alberto Garzon lancent leur campagne commune le 10 juin © Reuters / Andrea Comas

Face aux socialistes, la droite et la coalition de gauche dirigée par Podemos, qui pourraient les supplanter : un dernier sondage publié jeudi crédite la nouvelle coalition Unidos Podemos (Unis nous pouvons) formée par le parti anti-austérité Podemos et la formation écologiste/communiste Izquierda Unida (Gauche Unie) de 25 % des intentions de vote, soit 4 points de plus que pour les socialistes de Pedro Sanchez de 21,2 %

La droite conservatrice de Mariano Rajoy, actuellement au pouvoir mais sans majorité, resterait toutefois en tête avec 29,2 % des voix. Depuis six mois, les trois partis n'ont pas été capables de s'entendre pour former un nouveau gouvernement à l’issue des législatives de décembre, d'où la nécessité de nouvelles élections le 26 juin.

En partie issu du mouvement des Indignés, Podemos a volé la vedette au Parti socialiste comme leader de l'opposition au parlement depuis janvier. Le parti de gauche radical s'est renforcé en s'alliant à Izquierda Unida, héritier du Parti communiste), avec l'appui de formations régionales de gauche. Le Parti socialiste, lui, affronte les difficultés de la social-démocratie dans toute l'Europe, payant cher son virage à droite pendant la crise et ses divisions internes.

Un parti socialiste, plus au centre qu’à gauche

Après le scrutin du 20 décembre, les socialistes ont noué une alliance avec les libéraux de Ciudadanos. Mais n'ayant pas de majorité sans le soutien de Podemos, le socialiste Pedro Sanchez n’a pu devenir chef du gouvernement. Ignorant leur adversaire socialiste, les conservateurs centrent leurs attaques sur Unidos Podemos, des "extrémistes", "dangereux pour la stabilité de l'Espagne et sa croissance" (3,2% en 2015).

Pedro Sanchez, le leader du parti socialiste en campagne à Madrid le 9 juin
Pedro Sanchez, le leader du parti socialiste en campagne à Madrid le 9 juin © Reuters / Juan Medina

"Le Parti Socialiste va devoir arbitrer et on espère qu'il ne se trompe pas d'adversaire", a déclaré jeudi Pablo Iglesias, le leader de Podemos, évoquant le choix auquel sera confronté le parti socialiste à l’issue du scrutin du 26 juin.

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