36 millions d'électeurs espagnols vont choisissent leurs députés et leur gouvernement ce dimanche.

Le leader de Izquierda Unida Alberto Garzon et Pablo Iglesias, leader de Podemos
Le leader de Izquierda Unida Alberto Garzon et Pablo Iglesias, leader de Podemos © Jon Nazca

Le gouvernement actuel du conservateur Mariano Rajoy n'ayant pas obtenu de majorité franche lors des précédentes législatives en décembre dernier, le blocage politique a obligé le roi Felipe VI à convoquer de nouvelles élections.

Lors du scrutin de ce dimanche, le scénario pourrait se reproduire. Le Parti populaire, de droite, devrait logiquement arriver en tête sans pour autant bénéficier de la majorité absolue. Le véritable changement est à gauche. L’historique Parti socialiste (PSOE), qui a réalisé le pire score de son histoire avec 22% des voix et seulement 90 sièges lors du premier scrutin, pourrait bien être dépassé par la jeune formation Podemos, qui semble séduire de plus en plus d'indécis.

Olivier Poujade, notre envoyé spécial à Madrid, a recueilli les témoignages de ces électeurs encore dans le doute à l'heure du vote.

Podemos, une ascension fulgurante

Podemos est devenu en moins de deux ans la troisième force politique du pays. Rassemblant notamment des membres du mouvement des "Indignés" par l'austérité né à Madrid en 2011, le parti a fait son entrée au Parlement lors des élections du décembre  2015, avec 20,6% des voix. Selon les sondages, Podemos pourrait devenir la première force d'opposition du pays, devant le traditionnel Parti socialiste (PSOE), à la peine dans les sondages. Et s'allier avec les communistes d'Izquierda unida pour former "Unidos podemos", la gauche unie.

Espagne : les intentions de vote pour dimanche
Espagne : les intentions de vote pour dimanche © Radio France / visactu

Le Brexit s'invite dans la campagne

Le Brexit a fait irruption vendredi dans la campagne pour les législatives de dimanche, la droite au pouvoir se posant en garante de la stabilité face au parti anti-austérité Podemos.

Le radicalisme et le populisme n'apportent jamais de stabilité, a déclaré la représentante du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy. Elle a appelé au vote de la modération (...) de la stabilité, de la croissance.

Podemos dénonce effectivement les choix de la Commission européenne. Mais son leader Pablo Iglesias a démenti les accusations de la droite au sujet d'une volonté de sortir de l'Espagne de la zone euro.

L'euro est un cadre incontournable, a insisté Pablo Iglesias, le chef de file de Unidos Podemos. C'est un jour triste pour l'Europe. Personne ne voudrait quitter une Europe juste et solidaire, nous devons changer de cap, selon Pablo Iglesias. Lorsque l'Europe est compatible avec des salaires de misère (...) alors le projet européen est en crise.

Pedro Sanchez, le chef du Parti socialiste, a lui aussi critiqué les politiques libérales de Bruxelles mais dénoncé le populisme.

► ► ► Ecoutez l'interview de Christophe Barret, historien spécialiste de l'Espagne, dans le journal de 13h de Philippe Abiteboul

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