la france veut des explications des états-unis sur les allégations de cyberespionnage de l'ue
la france veut des explications des états-unis sur les allégations de cyberespionnage de l'ue © reuters

Le scandale autour du programme américain d'écoute de l'Union Européenne n'affole pas vraiment les Etats-Unis. Pour John Kerry, secrétaire d'État, ce type d'activités n'est pas "inhabituel". De l'autre côté de l'Atlantique, les Européens s'agacent.

Depuis les révélations du week-end sur un vaste réseau d'écoute lancé par la NSA, le petit monde européen est en ébulltion. L'Agence nationale de surveillance américaine a été épinglée par le Spiegel et le Guardian, soupçonnée d'espionner ses amis outre-atlantique.

Tout ça via un système de grande ampleur. Bertrand Gallicher.

Côté américain, on ne nie pas franchement. Pour John Kerry, secrétaire d'État américain, "chaque pays confronté aux affaires internationales mène de nombreuses activités afin de protéger sa sécurité nationale, et tous les types d'informations y sont utiles. Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas inhabituel pour de nombreux pays."

En Europe et notamment en France, l'affaire scandalise au plus haut niveau. François Hollande estime que "nous ne pouvons pas accepter ce type de comportements. Nous demandons que cela cesse immédiatement".

La réaction d'Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.

L'Allemagne, elle, a ajouté lundi que, si les informations des deux journaux se vérifient, les Etats-Unis auraient un comportement "inacceptable" et digne de la guerre froide.

Mais pour Eric Dénécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, les dirigeans européens font seulement semblant de s'indiger: ils ne devraient pas ignorer que ces pratiques d'espionnage sont courantes.

__

Eric Dénécé pense que les Européens n'ont à s'en prendre quà eux mêmes

Aider le "lanceur d'alerte"

À l'origine de cette révélation (et d'autres), il y toujours un informaticien, en cavale : Edward Snowden. Les Américains aimeraient qu'il soit extradé de Moscou, où il est réfugié. Il serait toujours dans la zône de transit de l'aéroport de la capitale russe, en attendant de s'exiler éventuellement en Equateur.

Les précisions de Caroline Larson.

le périple d'edward snowden
le périple d'edward snowden © reuters

En France, les appels à accorder l'asile politique à Edward Snowden se multiplient.

La ministre délégué à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, a estimé que cette affaire offrait l'occasion de se pencher sur "une zone grise du droit international. Je trouverais intéressant qu'on puisse s'interroger sur le statut d'Edward Snowden".

Plusieurs pays ont déjà mis en place des législations relatives aux "lanceurs d'alertes" mais "il n'y a pas de statut international qui permette de protéger ces personnes", a-t-elle expliqué.

Le monde politique français y semble en tout cas favorable : de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Europe Ecologie-Les Verts, beaucoup réclament (comme le dit le communiqué d'EELV) que "la France accorde sans délai l'asile politique au lanceur d'alerte et défenseur de la liberté, Edward Snowden".

Pour Elisabeth Guigou, il faut protéger Edward Snowden et tous ceux qui font des révélations.

Un "coup de canif" dans les relations américano-européennes

Le secrétaire national du Parti socialiste chargé de l'international, Jean-Christophe Cambadelis, a estimé sur Radio Classique que c'était un "gros coup de canif" dans les relations entre l'Europe et les Etats-Unis.

"J'attends de l'Union européenne qu'elle riposte avec la vigueur nécessaire", a renchéri sur France Info le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, qui juge, comme Jean-Christophe Cambadelis, l'attitude américaine "incompréhensible".

Au centre, le président du MoDem, François Bayrou, a estimé sur France Inter que l'espionnage dénoncé par Edward Snowden était "purement et simplement inacceptable".

Il a envisagé, lui aussi, que l'UE "tape du poing sur la table" en interrompant les négociations avec les Etats-Unis pour se faire entendre : "Je suis partisan d'avoir un geste et une décision et une affirmation qui soient assez fortes pour que les Américains comprennent qu'il y a des attitudes inacceptables."

Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.