Pour la première fois depuis son départ du FBI, James Comey rompt le silence. Et avant de livrer ses confessions dans un livre, il lève le voile sur ABC sur la campagne présidentielle de Donald Trump. Un florilège de coups bas, de pressions et d'injures.

Donald Trump essuie les critiques acerbes de James Comey, ancien patron du FBI.
Donald Trump essuie les critiques acerbes de James Comey, ancien patron du FBI. © AFP / RON SACHS / DPA

James Comey, qui signe un livre de confessions sur ses vingt ans de vie professionnelle au service de l’Etat américain, est un "menteur", une "raclure".

Le président américain ne décolère pas contre celui qui, déboulonné il y a onze mois de la direction du FBI, l’estime "détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles".

A Higher Loyalty: Truth, Lies, and Leadership, ce sont en effet 300 pages dans lesquelles Comey décrit "un cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu'il soit petit ou gros, au service d'une sorte de code de loyauté qui place l'organisation au-dessus de la moralité et de la vérité".

Les proches de Donald Trump sont sans doute à l’origine de la campagne de décrédibilisation de Comey incarnée par le site Lyin' Comey.
Les proches de Donald Trump sont sans doute à l’origine de la campagne de décrédibilisation de Comey incarnée par le site Lyin' Comey. / DR

Florilège. 

Trump, un mafieux galonné

Donald Trump affirme n’avoir eu aucun lien avec la Russie avant son élection. Et à ceux qui pourraient penser le contraire, le président des Etats-Unis donne des conseils pressants. James Comey, alors encore patron du FBI, s’entend ainsi dire : "J’espère qu’il est clair pour vous qu’il faut laisser tomber." Déboulonné depuis, Comey se répand, et précise les propos de Trump à son égard : "J’ai besoin de loyauté, j’attends de la loyauté", lui aurait dit le président. A l’instar, rappelle-t-il, de "la cérémonie d’introduction de Sammy Gravano [un mafieux célèbre] dans la mafia".

Clinton, victime de manipulations ?

En pleine campagne électorale, James Comey envoie au Congrès américain une lettre : "J’ai pensé qu’il était de mon devoir d’informer [les élus] que nous rouvrions l’enquête" sur les possibles fuites de documents confidentiels via le compte e-mail privé d’Hillary Clinton. Une opération qui, de l’aveu même de la candidate déçue, lui aurait coûté la présidence : "Il a,  je pense, changé l’histoire pour toujours", a-t-elle déclaré en septembre dernier sur CNN. Et Comey dit en être "désolé".

"Il est tout à fait possible que, parce que je prenais des décisions dans un contexte où Hillary Clinton était donnée gagnante, mon souci d’en faire une présidente illégitime (…) ait eu plus de poids que si les scores avaient été plus serrés ou si les sondages avaient placé Donald Trump en tête", écrit l’ancien patron du FBI.

Obama au secours de Comey

Je vous ai choisi comme directeur du FBI pour votre intégrité et vos compétences. Je veux que vous sachiez que rien – rien – de ce qui s’est passé [pendant la campagne électorale] ne saurait changer l’image que j’ai de vous.

C’est l’ancien président Barack Obama qui parle, après l’élection de Donald Trump à la magistrature suprême et alors que James Comey est sous le feu des critiques du 45e président des Etats-Unis. Et Comey n’est pas peu fier de pouvoir citer celui qui le nomma à la tête de la police fédérale. 

Pour la première fois depuis son départ du J. Edgar Hoover Building – le siège du FBI, à Washington – James Comey doit répondre aux questions de George Stephanopoulos dimanche 15 avril sur la chaîne américaine ABC. Son livre, A Higher Loyalty : Truth, Lies & Leadership, est à paraître (en anglais) le 17 avril chez Macmillan Publishers. 

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