Ce mercredi, le Président américain rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. L'occasion pour les deux chefs d’État - et leurs entourages - de se tester.

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien © AFP / GALI TIBBON

La rencontre de ce mercredi entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump s'annonce décisive pour la politique américaine sur la question du conflit israélo-palestinien. D'un côté, le chef du gouvernement considéré comme le plus à droite dans l'histoire d'Israël, pressé notamment par ses ministres d'annoncer à Donald Trump qu'il ne soutenait plus l'idée de la création d'un État palestinien. De l'autre, un 45e président des États-Unis qui, lors de sa campagne, s'était montré très favorable à la colonisation israélienne.

Or depuis le 20 janvier - hasard du calendrier, c'était aussi le jour de l'investiture de Donald Trump - Benjamin Netanyahu a annoncé la construction de 5.000 nouveaux logements coloniaux en Cisjordanie et la création d'une nouvelle colonie, la première impulsée par le gouvernement depuis plus de 20 ans. Lundi dernier, le parlement israélien a approuvé une loi autorisant l’État a se réapproprier des territoires de Cisjordanie sur lesquels des logements coloniaux étaient déjà construits.

Enterrer la solution "à deux États" ?

Dans ce contexte de regain de tension autour des zones occupées en Cisjordanie, ce premier rendez-vous officiel entre les deux chefs d’État est l'occasion pour eux de confronter leurs visions et leurs discours sur les relations américano-israéliennes. À son arrivée aux États-Unis lundi, Benjamin Netanyahu a déclaré que "l'alliance avec les États-Unis a toujours été extrêmement forte, elle va le devenir encore plus".

"Le président Trump et moi voyons d'un même œil les dangers émanant de la région, mais aussi les occasions" (Benjamin Netanyahu)

Au-delà des deux chefs d’État, ce sont leurs entourages qui vont se scruter : "Depuis trois semaines, Donald Trump s'exprime différemment, il faut agir avec prudence", a d'ores et déjà noté le député israélien Michael Oren. Or, les partisans de la colonisation, y compris dans le parti de Netanyahu, le Likoud, ont débordé le Premier ministre et lui demandent d'enterrer ouvertement à Washington ce mercredi la solution à deux états.

Changement de ton côté Trump

Les choses s'annoncent en effet un peu moins simples que prévu pour la délégation israélienne. La campagne présidentielle avait fait croire à certains ministres israéliens que Trump et ses équipes encourageraient une poursuite de la colonisation. Une idée renforcée par la nomination de Jared Kushner, gendre du président et proche de la famille Netanyahu, au poste de conseiller de Donald Trump.

Mais ces derniers jours, le président des États-Unis a nuancé ses déclarations. Vendredi dernier, dans un journal israélien, Donald Trump a affirmé ne pas croire que l'expansion coloniale "soit bonne pour la paix", affirmant souhaiter "un accord bon pour toutes les parties". Résultat : dimanche, Benjamin Netanyahu a déclaré qu'il comptait affirmer à Donald Trump son soutien à une solution à deux États... tout en dénonçant la mauvaise volonté palestinienne.

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