Ce n’est pas un roman d’espionnage mais cela y ressemble furieusement. Plusieurs médias américains affirment que les États-Unis ont rapatrié sur leur sol un espion qui, au sein du Kremlin, travaillait pour la CIA. C'était en 2017, peu après l'élection de Donald Trump. Et les spéculations vont bon train.

Vladimir Poutine et Donald Trump lors du sommet de Danang au Vietnam en 2017. Le soupçon d'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016 continue d'entacher la présidence Trump.
Vladimir Poutine et Donald Trump lors du sommet de Danang au Vietnam en 2017. Le soupçon d'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016 continue d'entacher la présidence Trump. © AFP / JORGE SILVA

Dans les médias américains, son identité n’a pas été révélée. L'homme a été exfiltré de Russie après avoir travaillé pendant des années pour les services secrets US. Et il leur aurait fourni des informations capitales sur les tentatives d’ingérence de Moscou lors de la présidentielle de 2016.

Aujourd'hui, on croit en savoir un peu plus sur lui. Certains, comme le Moscow Times ou Kommersant, évoquent un nom, Oleg Smolenkov. La chaîne américaine NBC affirme que l’homme vit désormais en Virginie, à deux pas de Washington.

Mais CNN et le New York Times ont été les premiers à révéler cette affaire d’espionnage digne des plus grands romans de John le Carré.

Ce russe a été recruté par la CIA il y a plusieurs années, avant qu’il ne gravisse les échelons au sein du pouvoir russe : CNN affirme que l’homme avait un accès direct à Vladimir Poutine et qu’il a même pu  fournir des images de documents photographiés sur le bureau du président.

Ingérence pro-Trump

Et ainsi confirmé le rôle direct de Poutine dans les tentatives d’ingérence russe lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Des opérations visant à soutenir la désignation de Donald Trump et à pirater le Comité national démocrate, précise le New York Times.

La même année, selon le quotidien américain, la CIA propose à son espion de l’exfiltrer mais celui-ci refuse. La "taupe" invoque des raisons familiales. Les services américains redoutent alors qu’il soit un agent double. Mais l’année suivante, l’espion russe quitte Moscou et arrive aux Etats-Unis.

Pourquoi l’avoir rapatrié ? À elle seule, la date d’extraction du correspondant de la CIA, postérieure à la prise de fonctions de Donald Trump, éveille la curiosité. Le président américain aurait d'ailleurs mis en doute l'intérêt d'espionner à l'étranger, rappelle CNN.

"Roman à sensations"

Ce soir, le porte-parole du Kremlin minimise le rôle de cet homme auprès du président Poutine.

S’il a bien « travaillé à l'administration présidentielle, (…) il a été limogé il y a quelques années », a déclaré Dmitri Peskov. En tout état de cause, a-t-il nuancé, « son poste ne faisait pas partie de ceux au plus haut niveau […] et ne prévoyait aucun contact avec le président ».

En guise de point final, Dmitri Peskov a parlé de "roman à sensations" écrit par la presse américaine. Un roman qui n’est sans doute pas proche de son épilogue.  

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