Des milliers de manifestants, certains lourdement armés, se sont rassemblés autour du Capitole local, pour défendre le second amendement de la Constitution qui leur garantit le droit de porter une arme. Plusieurs milices armées et des groupuscules néo-nazis étaient également représentés.

A Richmond, ce lundi, les manifestants sont plus lourdement armés que les forces de l'ordre. Et ils manifestent pour pouvoir s'équiper plus encore.
A Richmond, ce lundi, les manifestants sont plus lourdement armés que les forces de l'ordre. Et ils manifestent pour pouvoir s'équiper plus encore. © Radio France / Grégory Philipps

Ils sont venus de toute la Virginie, et d’États voisins. Combien sont-ils ? Sans doute quelques milliers. Si les autorités locales ont pour l’occasion banni les armes sur la pelouse qui entoure le Capitole (le siège du gouvernement local), nombre sont ceux qui, dans les rues adjacentes, portent un revolver à la ceinture ou un fusil automatique dans le dos ou sur la poitrine.

Dans la foule, on remarque ces milices civiles, des hommes le plus souvent lourdement armés : casques lourds, gilets pare-balles, fusils d’assaut. L’un d’eux explique que son arme n’est pas chargée, mais qu’il a "dans les poches de son treillis kaki des munitions, au cas où".

Nous nous sommes entraînés depuis plusieurs jours. Nous saurons réagir s’il y a des incidents.

La police surveille, à distance raisonnable. Depuis plusieurs jours, les autorités locales ont tout fait pour dissuader d’éventuels contre-manifestants de rejoindre le centre-ville de Richmond. L’objectif : éviter un drame comme à Charlottesville. Dans cette ville du même État, à l’été 2017, un militant néo-nazi avait foncé avec sa voiture dans la foule des contre-manifestants, tuant une jeune femme, Heather Heyer.

Si les pro-armes ont organisé à Richmond cette démonstration de force, c’est parce que le Sénat de Virginie a adopté en fin de semaine dernière des lois plus strictes sur la circulation des armes à feu : contrôle systématique des antécédents avant toute vente, et rétablissement du droit de la police locale à interdire le port d’armes dans les espaces publics.

Les deux chambres locales (désormais dominées par les Démocrates) préparent aussi un texte, qui pourrait interdire la libre circulation des fusils d’assaut, ou encore limiter l’accès aux armes pour les personnes jugées dangereuses pour elles-mêmes ou la communauté.

Pour les "pro-guns" réunis autour du Capitole, c’est une atteinte intolérable au second amendement de la constitution des États-Unis. Et ils ont d’ailleurs reçu le soutien de Donald Trump qui ce matin, avant de s’envoler pour le forum économique de Davos, écrit sur Twitter : "Cet amendement est très sérieusement attaqué par le gouverneur de Virginie. C’est ce qui se produit quand vous votez pour les Démocrates. Ils vous prennent vos armes. C’est juste le début. Votez Républicain en 2020 !"

La couleur politique des manifestants ne fait d’ailleurs aucun doute. Beaucoup portent, en plus d’une arme, la casquette rouge "Make America Great Again". Un marchand vend pour quelques dollars des tee-shirts "God, guns, and Trump". Dieu, les armes. Et Trump. 

A Richmond, on célèbre "Dieu, les armes et Trump".
A Richmond, on célèbre "Dieu, les armes et Trump". © Radio France / Grégory Philipps
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