Alors que les républicains ont présenté au Sénat leur réforme d'Obamacare, les pros et anti-couverture santé universelle s’affrontent par médias interposés, témoignages à l'appui.

Etats-Unis : Obamacare bientôt détricoté
Etats-Unis : Obamacare bientôt détricoté © AFP / RHONA WISE

La majorité républicaine au Sénat a présenté ce jeudi sa nouvelle mouture du projet de réforme du système de santé qu'elle espère soumettre au vote dès la semaine prochaine. Le texte a été adopté de justesse par la Chambre des représentants le 4 mai dernier. Il a ensuite été amendé pour être présenté au Sénat.

Le projet prévoit une réforme totale d'Obamacare : une baisse des subventions fédérales au programme d'assurance maladie des plus pauvres (Medicaid) et un remodelage des aides octroyées aux personnes à revenu modeste achetant leur assurance sur le marché privé. Il prévoit aussi la suppression de la plupart des taxes instaurées pour financer Obamacare, offre plus de latitude aux Etats pour s'exempter de leurs obligations, et supprime les subventions fédérales au Planning familial.

Une réforme historique

Les républicains s'emploient depuis sept ans à défaire Obamacare, qui a pourtant permis à 23 millions d'Américains de se doter d'une assurance maladie.

Selon une enquête Reuters/Ipsos, près de 60% des adultes sont convaincus que le texte adopté par les représentants conduira à une hausse du coût de l'assurance santé pour les Américains à faibles revenus et aux individus ayant des antécédents médicaux. Seuls 13% estiment qu'il améliorera le système de santé.

Les anti Obamacare se mobilisent

Les anti Obamacare ont été moins présents sur la scène médiatique que les partisans de la couverture maladie pour tous voulue par Barack Obama il y a 7 ans. Pourtant, ils existent. Et ils ont souvent voté Trump en 2016 uniquement parce qu’il avait promis d’abroger et remplacer la loi. Le New York Times donne notamment l’exemple d'un couple d'entrepreneurs. Ils paient leur couverture sociale. Mais l’an dernier ils ont abandonné leur police d’assurance à 1 000 euros par mois et ont souscrit à un plan plus basique qui, du coup, ne remplit pas les conditions imposées par Obamacare. Ils espèrent donc qu’Obamacare sera remplacée avant qu’ils aient à payer des pénalités.

Des Américains comme eux pensent qui’ils sont enfin entendus. Ils s’estiment “pas assez pauvres pour bénéficier des avantages d’Obamacare, mais pas assez riches pour se payer une assurance privée exorbitante".

Les républicains mettent en avant aujourd’hui des histoires personnelles comme celle-ci, celles d'Américains qui se débattent avec des coûts d’assurance élevés, des pénalités et des réglementations complexes.

Le sénateur républicain Mitch McConnell a lancé le débat sur Twitter, en forme d’appel à témoignages :

Traduction : "A ceux qui ont souffert des manques d'Obamacare, nous vous avons entendus. Le Congrès agit".

Le groupe conservateur The American Action Network a dépensé près de 3 million de dollars en publicités télé et web se félicitant que la Chambre des représentants ait voté le texte.

Une star de la télé, porte parole des pro-Obamacare sur les réseaux sociaux

A l'autre bout, il y a les pro-Obamacare qui veulent défendre la loi bec et ongles, nombreuses manifestations à l'appui.

Obamacare a fourni une couverture santé à 23 millions d'Américains aux faibles ressources
Obamacare a fourni une couverture santé à 23 millions d'Américains aux faibles ressources © AFP / Ronen Tivony / NurPhoto

Jimmy Kimmel, présentateur d'un talk show très populaire, est devenu le témoin de l'importance de garder Obamacare en l'état : son bébé est atteint d'une maladie cardiaque grave. Le comédien en a appelé au Congrés pour s'assurer que les personnes gravement malades comme son nouveau-né puissent continuer à avoir droit à un traitement.

Un représentant républicain lui a alors répondu avec véhémence lors d'une réunion publique :

Personne ne meurt aux États-Unis par manque de couverture médicale :

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