Le torchon brûle entre les États-Unis et le Royaume-Uni depuis que le président américain a retweeté des vidéos antimusulmanes postées par une responsable d’extrême-droite britannique. Un coup de canif porté à la relation bilatérale privilégiée entre les deux pays selon plusieurs responsables britanniques.

Donald Trump et Theresa May à la Maison Blanche, le 27 janvier 2017
Donald Trump et Theresa May à la Maison Blanche, le 27 janvier 2017 © AFP / Brendan Smialowski / AFP

"Nous avons une relation spéciale sur le long terme avec les États-Unis et c'est une relation qui perdure, il est dans l'intérêt des deux pays qu'elle continue", insiste Theresa May. Pourtant la tension entre les deux pays est montée d'un cran ce mercredi après que le président américain a relayé des vidéos antimusulmanes, postées par une responsable du parti d'extrême droite Britain First, sur son compte Twitter. Des messages qui ont provoqué l'indignation de la classe politique au Royaume-Uni. "Retweeter Britain First était une erreur", a réagi la Première ministre britannique. 

"Ne vous focalisez pas sur moi, focalisez-vous sur le terrorisme islamique radical destructeur à l'intérieur du Royaume-Uni. Tout va bien pour nous !" a sèchement répondu Donald Trump dans un nouveau tweet.

Rapports privilégiés

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a  évoqué "une trahison de la relation spéciale entre nos deux pays" et demandé à Theresa May d'user de son influence pour que Donald Trump "efface ses tweets et s'excuse auprès du peuple britannique"

Attribuée à Winston Churchill, l'expression "relation spéciale" désigne les rapports privilégiés qu'entretiennent les deux pays depuis la seconde guerre mondiale notamment en matière de défense, de sécurité et de renseignement. Elle désigne aussi les liens économiques et culturels entre les deux nations.

Le Royaume-Uni est, traditionnellement, la destination préférée des investissements directs étrangers (IDE) américains. Et officiellement, le Département d'Etat américain considère que "les États-Unis n'ont pas de plus proche allié que le Royaume-Uni". 

Des couacs mais une relation qui s'inscrit dans la durée

En pratique, les termes de cette alliance sont tributaires des relations entre chefs d’État. Dans les années 1980, Margaret Thatcher et Ronald Reagan partagent les mêmes convictions ultralibérales et la volonté d'affronter l'Union soviétique. Mise à mal dans les années 1990, la relation spéciale est réactualisée par Tony Blair et George W. Bush, solidaires dans la crise irakienne.

En 2013, le refus des députés britanniques de toute action armée en Syrie ébranle un temps la relation entre Londres et Washington et affole la presse britannique. Symptôme de la sensibilité de cette question outre-Manche, les débats suscités en octobre dernier par les propos Jeremy Shapiro. Selon l'ancien conseiller politique, l'administration de Barack Obama n' a jamais considéré le lien avec son allié historique comme "très important" et cette relation faisait régulièrement "l'objet de blagues".

Toutefois, cette "relation spéciale" est un fait qui s’inscrit dans la durée. Exhortée par plusieurs responsables politiques à se montrer ferme vis-à-vis de son homologue américain, Theresa May s'est efforcée de calmer le jeu

Nous avons une relation spéciale sur le long terme avec les États-Unis et c'est une relation qui perdure, il est dans l'intérêt des deux pays qu'elle continue.

Malgré des divergences sur plusieurs grands dossiers – nucléaire iranien, accord de Paris sur le climat, Corée du Nord – la Première ministre britannique compte sur les États-Unis pour construire l'avenir de son pays après le Brexit, notamment via un accord commercial.

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