À 680 km au nord d'Addis Abeba, le président français a visité ce mardi les églises rupestres enterrées du XIIIe siècle, joyau du patrimoine mondial que la France veut aider à préserver.

Ces églises éthiopiennes du XIIIe siècle, creusées dans la roche, sont classées par l'Unesco au patrimoine mondial
Ces églises éthiopiennes du XIIIe siècle, creusées dans la roche, sont classées par l'Unesco au patrimoine mondial © Radio France / Cyril Graziani

Perché à 2600 mètres d’altitude sur les hauts plateaux éthiopiens, le site de Lalibela abrite onze églises taillées dans la roche. Emmanuel Macron a visité ces églises rupestres du XIIIe siècle, classées par l'Unesco au patrimoine mondial. Un haut lieu de la chrétienté qui brille par le perfectionnement de ces œuvres et qui démontre le niveau technique atteint par les tailleurs de pierre il y a… neuf siècles. 

Dans ces monuments, s’enchevêtrent églises, passages souterrains et à ciel ouvert, cours et salles troglodytes. Ils mesurent jusqu'à 15 mètres de haut, regorgent d'ornements et de fenêtres sculptées en forme de croix. Le plus célèbre, devenue l’emblème du site et de la région, c’est Saint-Georges, qui a été taillé en forme de croix grecque. 

L'église Saint Georges a été taillée dans la roche en forme de croix
L'église Saint Georges a été taillée dans la roche en forme de croix © Radio France / Cyril Graziani

Emmanuel Macron a promis hier de "financer et accompagner le travail avec les Éthiopiens pour restaurer ces églises" menacées par l'érosion, taillées dans une roche fragile qui se désagrège sous la pluie. 

Les archéologues français, présents en Éthiopie depuis les années 50, font partie des meilleurs spécialistes mondiaux de ce patrimoine emblématique des chrétiens d'Orient, au même titre que Petra (Jordanie), au potentiel touristique majeur mais encore méconnu. Le site n’accueille "que" 40 000 visiteurs par an. 

L’autre travail consistera à remplacer les voiles reposant sur des piliers massifs qui protègent cinq églises depuis 2008. Au-dessus de l'église s'étend, en effet, une bâche massive soutenue par un treillage métallique. La population locale n’a jamais caché son hostilité. Les Éthiopiens craignent de voir les piliers s'effondrer sur les monuments. 

"On apprend des erreurs du passé, et quand on fait des choses sans que les gens le comprennent et l'acceptent, ça ne marche pas", a dit Emmanuel Macron à Lalibela. 

Cinq églises sont protégées par ces  toitures en forme de voile, mais les Éthiopiens ont peur qu'au contraire elles fragilisent les bâtiments
Cinq églises sont protégées par ces toitures en forme de voile, mais les Éthiopiens ont peur qu'au contraire elles fragilisent les bâtiments © AFP / Eduardo SOTERAS
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