porte de l'Europe Lampedusa
porte de l'Europe Lampedusa © Radio France

L'immigration, thème de campagne s'il en est, en vue des élections européennes du 25 mai prochain. Légale ou clandestine, elle est notamment agitée comme une menace par les partis d'extrême droite. En France, le Front national qui en a fait un de ses sujets de prédilection est crédité de plus de 20 % des intentions de vote dans certains sondages.

Des familles roms aux naufragés de Lampedusa

Parmi les flux migratoires au cœur des discours politiques, il y a celui des Roms. Ressortissants européens, citoyens de l'espace Schengen pour certains, ils suscitent des réactions de rejet, d'inquiétude ou de soutien selon les bords politiques, mais laissent rarement indifférents. Le 16 avril dernier, le Conseil de l'Europe s'est alarmé de leur situation, estimant que les Roms sont victimes d'exclusion sociale dans 23 de ses 47 Etats membres.

Selon l'institution européenne, 10 à 12 millions de Roms vivent sur le continent européen, dont 6 millions au sein de l'Union. Ils constituent ainsi la minorité ethnique la plus importante de l'UE mais ne représentent pour autant que 1,2 % de sa population globale.

► ► ► ECOUTER | La question rom dans le débat politique

En Italie, Lampedusa est devenue bien malgré elle le symbole de l’immigration clandestine. Cette île située à 150 kilomètres au large de la Tunisie et à environ 300 kilomètres de la Libye est souvent la première terre européenne sur laquelle échouent les migrants. Début octobre 2013, une embarcation qui transporte près de 500 migrants fait naufrage au large de l’île de Lapin. Plus de 300 personnes meurent noyées. Quelques semaines après, fin décembre, c’est un millier de migrants qui sont secourus au large de Lampedusa.

► ► ► ECOUTER | Lampedusa, la voie libyenne

Migrants sur l'une des clôtures de l'enceinte de Melilla
Migrants sur l'une des clôtures de l'enceinte de Melilla © Max PPP

Au cœur des problématiques de l'immigration clandestine également : les enceintes espagnoles de Ceuta et Melilla, enclaves situées au sein du territoire marocain et entourées de clôtures barbelées sur 8 et 12 kilomètres. Des grillages qui sont la cause de blessures, parfois graves, des migrants qui tentent de les escalader. Le Maroc affirme ainsi que 30 000 clandestins se trouvent sur son sol, avides d'émigrer vers l'Europe.

Face à ces drames de l’immigration clandestine, les pays directement concernés - Grèce, Malte, Italie, Chype - réclament une plus grande solidarité internationale. Car la pression migratoire s’est accentuée - Printemps arabe, intervention en Libye, conflit au Mali ou guerre en Syrie obligent.

Des accords de Schengen aux actions de Frontex

Le système Frontex
Le système Frontex © Thibault Lefevre

Selon la Commission européenne, au moins 4,5 millions de personnes séjourneraient de manière illégale dans l’Union. Chaque année, environ 500 000 immigrants clandestins sont interpellés, dont 40 % environ sont renvoyés dans leur pays d’origine.

► ► ► ECOUTER | Les politiques migratoires et le programme Eurosur

La politique migratoire de l'Union européenne en quelques dates :

  • 15 juin 1985 : les accords de Schengen sont signés, mais l’espace Schengen entre en vigueur deux ans plus tard. Le système d’information Schengen (SIS) est quant à lui opérationnel en 1995.
  • 2 octobre 1997 : le traité d’Amsterdam est signé. Il constitue le fondement juridique de la lutte contre l’immigration clandestine (“le Conseil [européen] arrête des mesures relatives à la politique d’immigration, notamment dans le domaine de l’immigration clandestine et du séjour irrégulier”) et permet aussi la libre circulation des ressortissants des Etats membres dans l’espace européen.
  • 15 octobre 1999 : les chefs d’Etat de l’Union européenne réunis à Tampere, en Finlande, décident de mettre en place une politique d’immigration commune pour lutter notamment contre l’immigration clandestine.
  • 26 octobre 2004 : le Conseil de l’Union crée Frontex, agence de surveillance des frontières européennes pour améliorer la gestion des frontières extérieures de l’UE. Basée à Varsovie, effective depuis le 1er novembre 2005, elle est dotée d'un budget annuel de 85 millions d’euros. En 2010, Frontex dispose de 22 avions légers, 113 bateaux et 26 hélicoptères et rassemble plus de 200 personnes.
  • 16 octobre 2008 : le Conseil européen adopte le pacte européen sur l’immigration et l’asile. Il assure le retour, dans leur pays d’origine ou vers un pays de transit, des personnes en situation irrégulière.
  • 10 octobre 2013 : le Parlement européen adopte le programme Eurosur, système de vidéo surveillance des frontières doté de drones, de radars et de caméras pour un budget de 244 millions d’euros.

► ► ► EN SAVOIR PLUS | Le dernier rapport statistique de Frontex (en anglais)

Selon l'agence Frontex, 24 000 clandestins avaient été interceptés aux frontières européennes en 2008. En 2009, ils étaient 20 200, soit 16 % de moins.

Les routes de l'immigration clandestine
Les routes de l'immigration clandestine © Idé

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►►► EN SAVOIR PLUS | L'immigration clandestine vers l'Europe aujourd'hui (avec des cartes interactives)

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