le fn appelle à dénoncer l'union européenne le 25 mai
le fn appelle à dénoncer l'union européenne le 25 mai © reuters

Peut-on être à la fois député européen et contre l'Union européenne ? Les eurosceptiques de tous bords ont déjà compris que oui. Les élections européennes sont même une occasion rêvée de faire passer leur message contre l'Europe ou pour une Europe différente.

Si l'on en croit les sondages, le grand gagnant français des élections européennes du 25 mai serait le Front national. Il est crédité de 23 % d'intentions de vote selon un sondage Fiducial pour Paris-Match. Soit plus que l'UMP, le PS et les autres partis participant au scrutin. Paradoxal ? Pas le moins du monde, assure Marine Le Pen, qui vise "entre 15 et 20 eurodéputés" à Strasbourg, contre trois actuellement.

Certes, les trois représentants FN sont loin d'être les plus présents (le JDD les classe même dans le Top 5 des mauvais élèves du parlement européen), mais l'assiduité n'est pas leur objectif.

Nous y allons pour bloquer l’avancée de la construction européenne. On va exactement à l’endroit où nous devons être, pour représenter cette minorité de blocage. Quand on est contre l’Union européenne, on vote contre, et quand on vote contre, on vote Front.

Les anti-Europe au Parlement européen
Les anti-Europe au Parlement européen © Radio France / Olivier Bénis

En Europe, il y a depuis toujours un sentiment anti-européen. Il a d'ailleurs évolué : il ne se nourrit plus uniquement du nationalisme mais aussi de la mauvaise image de l'Union européenne, considérée comme trop bureaucratique et accusée d'aggraver la crise, voire d'en être à l'origine.

"Je hais le drapeau, l'hymne, les institutions"

L'un des meilleurs exemples est la montée fulgurante du parti nationaliste Ukip au Royaume-Uni, en tête des sondages pour les prochaines européennes. Outre-Manche, on est traditionnellement méfiant envers l'Europe, y compris chez les dirigeants (David Cameron, par exemple). Mais certains trouvent que le pays pourrait être encore plus indépendant vis-à-vis de l'Union. Le leader de Ukip, Nigel Farage, espère lui aussi pouvoir agir de l'intérieur et prédit même un "séisme politique" dont l'épicentre serait Strasbourg.

Moi, anti-Europe ? Non, c'est absurde de dire cela. J'aime l'Europe, je suis marié à une Européenne, j'ai travaillé pour des sociétés européennes, j'aime la culture européenne. Mais je hais le drapeau, je hais l'hymne, je hais les institutions. Et je ne crois pas qu'une Union politique uniformisée soit dans l'intérêt de qui que ce soit.

Pour Nigel Farage, obtenir de plus en plus de députés européens (il en compte déjà neuf) est le meilleur moyen de "faire éclater la vérité, montrer que le système de gouvernement mis en place à Bruxelles est dispendieux, bureaucratique et fondamentalement antidémocratique".

Euroscepticisme à échelle européenne

Comme Marine Le Pen, Nigel Farage s'attend à une multiplication du nombre d'eurodéputés eurosceptiques. Sans doute pas assez pour former "une minorité de blocage", selon le leader britannique. Mais suffisamment pour avoir "un Parlement plus vivant et plus intéressant". En fait, il mise sur les conséquences sur la politique nationale. Avec en Grande-Bretagne, "la tenue d'un référendum clair, libre et juste pour répondre à la question de rester ou pas dans une Union politique".

Car pour arriver à une union des "anti" sur la scène européenne, c'est beaucoup plus compliqué. Pour former un groupe au Parlement, il faut réunir au moins 25 députés. Or, ces futurs eurodéputés sont issus de courants politiques très divers. Actuellement, les groupes "officiellement" eurosceptiques rassemblent déjà des courants nationalistes ou d'extrême droite particulièrement divers. Le Front national français, par exemple, est en désaccord avec le PVV néerlandais sur certaines questions cruciales (immigration, mariage homosexuel). De nombreux courants européens de gauche affichent aussi une méfiance croissante envers l'Europe : on les imagine mal s'allier avec le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang belge.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.