En Pologne, l’homme politique Robert Biedron lance ce dimanche à Varsovie son mouvement lors d’un grand meeting et annoncera sa candidature pour les élections européennes, fin mai. Un sondage publié en milieu de semaine le classe 3ème, avec 10 % des intentions de vote.

Robert Biedron a fait salle comble dans chacune des 40 villes où il s'est rendu depuis l'automne.
Robert Biedron a fait salle comble dans chacune des 40 villes où il s'est rendu depuis l'automne. © AFP / JANEK SKARZYNSKI

Certains le comparent déjà à Emmanuel Macron. À 42 ans, Robert Biedron veut briser la domination des deux principaux partis du pays, qui gouvernent en alternance depuis la chute du communisme.

De gauche, athée, pour une séparation réelle de l’Église et de l’État, le maire de Slupsk, ville de 100 000 habitants au nord du pays, est le premier maire ouvertement homosexuel de Pologne ; il attise la curiosité et les soutiens. Pour preuve, sa tournée de 40 villes et autant de meetings pour élaborer son programme politique ont fait salle comble.

"Il a fait beaucoup de bonnes choses pour la ville" reconnaît Jacek, attablé en terrasse, un café à la main, dans une des rues commerçantes de Slupsk. Il sourit à l’évocation de l’ancien maire qui a dirigé la ville pendant quatre ans, jusqu'en septembre dernier : "Des routes ont été construites. Il a aussi consacré davantage d’argent à la rénovation des appartements, des maisons. Son mandat est très positif."

"C'est trop demander aux Polonais que de voter pour un homosexuel, ils ne sont pas prêts"

Robert Biedron affirme aussi avoir réduit de près de 10 millions d’euros la dette de la ville. Mais ce n’est pas cela que retient Beata, une vieille dame qui vend des fleurs dans la rue : "Je ne l’accepte pas, à cause de son orientation. Il ne devrait pouvoir exercer aucune fonction. Je suis catholique, et donc, je fais une différence entre les hommes comme lui et les hommes normaux. C’était peut-être un bon maire mais son orientation, ce n’est pas possible."

L’homosexualité de Robert Biedron est évoquée par tous les habitants, mais sans jamais prononcer le terme, comme un tabou. Un obstacle à son ascension politique, estime Michaw Tramer, directeur d’un théâtre à Slupsk : "Il ferait un très bon président de la République. Cela améliorerait l’image de la Pologne et la tolérance envers les personnes LGBT. Mais avec la place qu’occupe encore l’Église dans mon pays, c’est trop demander aux Polonais que de voter pour un homosexuel. Ils ne sont pas prêts."

Mais Robert Biedron croit en ses chances. Il refuse pour l’instant de s’allier avec le parti conservateur au pouvoir, ou ses opposants de centre-droit, tous deux trop éloignés de ses idées libérales et de gauche.

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