En attendant les résultats définitifs, les eurosceptiques raflent déjà la mise en Angleterre et au Pays de Galles. D'ores et déjà, le Brexit Party envoie 28 députés au Parlement européen, laminant Labour et Tories.

Le leader du Brexit Party Nigel Farage accueille les résultats partiels des européennes, dont il sort grand gagnant, au Civic Centre de Southampton.
Le leader du Brexit Party Nigel Farage accueille les résultats partiels des européennes, dont il sort grand gagnant, au Civic Centre de Southampton. © AFP / TOLGA AKMEN

Et maintenant, donnez nous le Brexit !

C’est le slogan qui, en ce lendemain de scrutin européen, barre la une du Daily Express. Le Daily Mail parle de son côté de séisme, et l’ensemble des journaux publient la photo de Nigel Farage, le leader populiste, tout sourire, après son écrasante victoire.

Le Brexit Party, lancé officiellement il y a moins de deux mois, recueille un tiers des voix en Angleterre et au Pays de Galles. Il enverra 28 députés... au Parlement européen. 

"Maintenant que nous avons une légitimité, un mandat, martèle Nigel Farage. Nous demandons a faire partie de l’équipe qui va négocier le Brexit." Le leader du parti populiste explique qu’il n'a confiance en personne. Ni en Boris Johnson, son ancien allié pendant la campagne pour sortir de l’Union européenne en 2016, ni en aucun autre candidat conservateur à la succession de Theresa May.

Et pourtant, son résultat va peser, lourdement, sur la gestion de la sortie de l’Union européenne. 

Les conservateurs au plus bas

Les conservateurs sont tellement mal en point qu’il leur faut – d’urgence – trouver une ligne de conduite pour les semaines et les mois qui viennent. Avec trois sièges seulement au Parlement européen, et à peine 9 % des voix, selon des résultats encore provisoires, ils paient le prix fort de trois années d’atermoiements.

Daniel Hannan, député européen de droite, est accablé :

C’est le pire résultat qu’on ait vu en 185 ans dans le parti.

Le parti de la majorité arrive en cinquième position, derrière le Brexit Party, les Libéraux démocrates, qui font une performance hors norme, notamment grâce à leur slogan "Merde au Brexit", les travaillistes et les verts.

Résultat, beaucoup de députés conservateurs plaident pour une réorientation de la politique de manière à répondre aux attentes des électeurs qui ont plébiscité le Brexit. Autrement dit : ils appellent à sortir le plus vite possible de l’Union européenne, possiblement sans aucun accord commercial.

Parmi ceux qui se font le plus entendre sur le sujet : deux anciens ministres, Owen Paterson et John Redwood, ainsi que Jacob Rees Mogg, l’un des chefs de file des conservateurs eurosceptiques.

La crise au Labour

Le parti travailliste, lui, est en crise. Il décroche 10 sièges, très loin des 17 sièges de 2014. Et là aussi, beaucoup de personnalités de gauche demandent un repositionnement général. Tom Watson, le vice-président du Labour, regrette : 

Il aurait fallu qu’on se positionne clairement comme un parti anti-Brexit.

Il appelle a changer de politique. Et réclame un deuxième référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Même réaction pour Savid Javid, le Maire de Londres, qui parle de résultats "extrêmement décevants". John McDonnell, l’un des cadres du parti, chargé des questions économiques, se fait aussi entendre sur le sujet pour la première fois. Déclarations très mal reçues par une partie de la gauche. Le président du syndicat Unite, notamment, accuse Tom Watson de "comploter pour renverser Jeremy Corbyn",  le chef de file des travaillistes. Les prochaines semaines vont être – encore – très agitées.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.