Brexit, fin des circonscriptions régionales : pour ces élections européennes 2019, les règles, l'organisation et la finalité du scrutin changent légèrement. On vous explique tout ce qu'il faut savoir pour ne pas être perdu le "jour J".

Les citoyens européens vont voter du 23 au 26 mai 2019. Image d'illustration.
Les citoyens européens vont voter du 23 au 26 mai 2019. Image d'illustration. © AFP / Xavier BONILLA

Du 23 au 26 mai, 373,5 millions de citoyens européens votent pour élire leurs députés supranationaux. Avec ce scrutin pour former le Parlement européen, plusieurs changements arrivent et tout particulièrement en France. Le nombre de sièges et leur répartition doivent par exemple changer avec la sortie des Britanniques de l’Union européenne, le Brexit.

Une liste unique pour remplacer les circonscriptions régionales

Depuis 2004 (et jusqu’à aujourd’hui) les Français votaient pour des listes de candidats aux européennes par régions. En résumé, le pays découpé en huit régions comptait dans chacune d’entre elles des listes (et des têtes de liste) différentes. Une répartition qui avait pour but d’associer les élus à un secteur moins vaste que le territoire national tout entier, mais qui permettait aussi politiquement de diviser les votes et d‘éviter très clairement l’émergence de l’extrême-droite.  

Désormais, les Français, comme la plupart des autres citoyens européens, vont voter pour une liste nationale unique. Libre aux partis de répartir les candidats sur la liste selon (entre autres critères) leur région d’attache. Pour l’instant, on compte en France une douzaine de listes déclarées mais d’autres pourraient émerger.

Fini le cumul du mandat européen avec une fonction nationale ou locale

Autre changement, avec ces élections européennes, pour les futurs élus français : ils ne pourront plus cumuler un mandat d’eurodéputé avec une fonction exécutive locale. Avec cette mesure, instaurée depuis la loi sur le non-cumul de 2014, un eurodéputé ne peut plus être en même temps député ou sénateur national, ni occuper un poste de maire ou de président de conseil départemental ou régional.

Dans ce cas, l’élu devra abandonner ses fonctions locales. Dans le cas d’un député français élu au Parlement européen, il doit normalement être remplacé par son suppléant. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan ou Jean-Christophe Lagarde, deux des têtes de liste qui se présentent aux Européennes tout en étant des députés français.

Avec le Brexit, des sièges en plus pour la France ?

C'est l'incertitude majeure de ce scrutin européen. Avec la sortie programmée des Britanniques de l’Union européenne, 73 sièges d’eurodéputés pourraient se retrouver vides, sur les 751 que comptent le Parlement.

Dans les négociations, il avait été décidé que 27 de ces sièges seraient attribués à 14 autres pays. Ainsi, la France et l’Espagne pourraient récupérer cinq sièges supplémentaires ; le reste des sièges laissés vides, mais mis de côté en cas d'élargissement de l’Union avec l’entrée de nouveaux pays.

Mais, dernier rebondissement en date, mercredi 10 avril, avec un délai supplémentaire laissé aux Britanniques pour leur sortie de l'Union. Les dirigeants européens et Theresa May sont tombés d'accord sur un report du Brexit pouvant aller jusqu'au 31 octobre, écartant provisoirement le spectre d'une séparation brutale. Cette date n'est pas anodine : le lendemain sera installée la nouvelle Commission européenne, sans les Britanniques. 

Ainsi, le scénario privilégié est le suivant : malgré l'intention du Royaume-Uni de sortir au plus vite de l'Union, le pays devrait tout de même organiser des élections et les Britanniques seraient obligés d'élire des députés. Concrètement, cela ne changerait rien au moment du vote pour les électeurs français. Mais les cinq futurs élus qui auraient du occuper les places britanniques dès le début de la prochaine mandature pourraient avoir à attendre jusqu'à la sortie effective du Royaume-Uni. 

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