En Italie comme en France ou en Hongrie, l’extrême-droite est confortée à l'issue du scrutin européen. La Ligue devient le premier parti de la péninsule en recueillant 33% des voix, selon des résultats encore provisoires. Le centre-gauche, de son côté, semble sortir de sa traversée du désert.

Le parti du ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini sort gagnant du scrutin européen en Italie. Renversant, potentiellement, l'équilibre de la coalition au gouvernement.
Le parti du ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini sort gagnant du scrutin européen en Italie. Renversant, potentiellement, l'équilibre de la coalition au gouvernement. © AFP / MIGUEL MEDINA

À l'issue de cette élection européenne, la Ligue devance nettement le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio (17 %), son allié au gouvernement, et le Parti démocrate (centre-gauche, 22 %). L’extrême-droite de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, séduit 6 % des électeurs, derrière Forza Italia de Silvio Berlusconi (9 %) qui subit un lourd revers. 

Matteo Salvini a célébré la victoire, dans la nuit, au siège de la Ligue, à Milan, saluant la naissance d’une "nouvelle Europe". "La Ligue est le premier parti d’Italie, mais elle n’est pas la seule ! Marine Le Pen est première en France. Nigel Farage en Grande-Bretagne", a souligné le secrétaire de la Ligue, ministre de l’Intérieur.

C’est le signe d’une Europe qui change ! Qui n’en peut plus d’être l’esclave des pouvoirs forts, de l’élite, de la finance et des multinationales.

"Notre travail va redoubler pour remettre au centre [de nos préoccupations] le droit au travail, le droit à la vie, le droit à la sécurité et aussi les valeurs", a poursuivi Matteo Salvini. Son parti devrait obtenir 28 sièges au Parlement européen.

Le gouvernement de coalition tient... pour l’instant

"Pour la majorité des Italiens, les européennes représentent la deuxième mi-temps des législatives", souligne Antonio Noto, observateur de la politique italienne et directeur de l’institut Noto Sondaggi. La Ligue et les 5 Etoiles gouvernent ensemble depuis le 1er juin 2018, ce qui signifie que le scrutin européen était l’occasion pour les Italiens de juger leur insolite exécutif.

Avec ce vote, les Italiens ont, semble-t-il, confirmé leur adhésion à la Ligue au pouvoir, mais renversé les équilibres politiques. 5 Etoiles, premier parti du pays, passe la main à la Ligue de Matteo Salvini, qui n’avait recueilli que 17 % lors des élections générales de mars 2018.

La Ligue avait dû chercher un allié pour pouvoir monter un gouvernement et les 5 Etoiles possédaient un droit de veto sur la formation de cet exécutif, étant donné leur poids politique. 

Un nouvel agenda à prévoir

La Ligue, renforcée, va donner la priorité à son programme, soit la baisse des impôts et la relance des grandes infrastructures, comme l’a souligné Matteo Salvini dans la nuit. Pour la Ligne grande vitesse Lyon-Turin, cela signifie certainement qu’un coup d’accélérateur sera donné, d’autant que dans le Piémont (région de Turin), le candidat de l’alliance des droites rafle la région. Tout le nord de l’Italie d’ailleurs – hormis les centre-ville de Turin et Milan – vote nettement en faveur de la Ligue de Matteo Salvini, anciennement Ligue du Nord.

L’autre enseignement de ce vote est la relève du Parti démocrate. Guidé désormais par Nicola Zingaretti, le centre-gauche sort de sa traversée du désert, initiée en décembre 2016 avec la démission de Matteo Renzi. Le Parti démocrate place au Parlement européen des personnalités de la société civile, comme Pietro Bartolo, le médecin de l’île de Lampedusa, vu dans le documentaire Fuocoammare

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