La capitale libanaise a été secouée par deux puissantes explosions mardi après-midi. Des déflagrations entendues à des dizaines de kilomètres, qui ont provoqué d’incalculables dégâts matériels pour un bilan humain qui dépasse ce mercredi les 100 morts.

Au lendemain de l'explosion, la ville de Beyrouth est ravagée par les dégâts causés par la déflagration
Au lendemain de l'explosion, la ville de Beyrouth est ravagée par les dégâts causés par la déflagration © AFP / Anwar AMRO

Les faits

Deux puissantes explosions successives ont balayé mardi après-midi le port de Beyrouth, leur souffle dévastant une bonne partie du nord de la capitale. Selon le Premier ministre Hassan Diab, ces déflagrations, qui ont été entendues jusqu’à la ville côtière chypriote de Larnaca à 200km de là, sont liées à l'explosion de quelque 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium. D'après le directeur général de la Sûreté générale, ces matières explosives, qui servent à la fabrication d'engrais mais aussi d'explosifs, étaient probablement des "matières explosives confisquées depuis des années" et stockées dans un entrepôt du port.

Les images publiées sur les réseaux sociaux, ou tournées par les rares chaînes de télévision en situation de se déplacer sur les lieux, montrent un centre-ville ravagé : infrastructures détruites dans le port, immeubles historiques effondrés, façades éventrées et, dans tous les cas, vitres brisées.

Mercredi matin, le dernier bilan de la Croix Rouge libanaise faisait état de plus de 100 morts et au moins 3 700 blessés. Le ministre de la Santé, Hamad Hasan a ajouté que "de nombreuses personnes sont encore portées disparues".

Les hypothèses

Les rumeurs sont évidemment légion, à quelques heures des faits et dans un contexte politique très tendu, entre crise économique inédite et fortes tensions politiques intercommunautaires. Vendredi, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), basé au Pays-Bas, doit en effet rendre son verdict dans le procès de quatre hommes, tous membres présumés du puissant mouvement libanais Hezbollah, accusés d'avoir participé en 2005 à l'assassinat de Rafic Hariri.

Des rumeurs encouragées par les déclarations de Trump qui, lors d'une conférence de presse, a estimé que les explosions de Beyrouth "ressemblaient à un terrible attentat", sans donner plus de détails. 

J'ai rencontré nos généraux et il semble que que ce n'était pas un accident industriel. Il semble, selon eux, que c'était un attentat, c'était une bombe.

Mais à ce stade, les seuls éléments tangibles pointent donc sur un stock de matières chimiques explosives. Les dégâts peuvent renvoyer à l’explosion de 300 à 400 tonnes de nitrates d’ammonium de l’usine AZF, à Toulouse, qui, le 21 septembre 2001 avait frappé la ville rose et tué 31 personnes. 

La zone des silos à blé, épicentre des explosions.
La zone des silos à blé, épicentre des explosions. / Google Maps

Une hypothèse confirmée par le Premier ministre, selon lequel environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient stockées dans l'entrepôt du port "depuis six ans, sans mesures de précaution. C'est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question", a déclaré Hassan Diab durant la réunion du Conseil supérieur de défense. Il a ajouté :

Ce qui s'est passé aujourd'hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus. Les responsables de cette catastrophe devront payer le prix.

Appel à l'aide

Lors d'une allocation télévisée, Hassan Diab a appelé les "pays amis" à aider le Liban "à panser nos plaies profondes".  

"La France se tient aux côtés du Liban. Toujours", écrit sur Twitter Emmanuel Macron qui annonce l'envoi de secours à Beyrouth. Deux avions militaires, transportant un détachement de la sécurité civile de 55 personnes, 15 tonnes de matériel et 6 tonnes de matériel sanitaire, doivent partir en milieu de journée mercredi. Dès mardi soir, des éléments français de la FINUL, la Force intermédiaire des Nations unies au Liban, sont intervenues à Beyrouth.

Malgré la tension entre les deux pays, Israël a également proposé mardi soir une aide humanitaire au Liban.

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