Le président de la République Emmanuel Macron était en visite aujourd'hui à Beyrouth. L'occasion de manifester l'engagement de la France auprès du Liban, qui se traduit déjà dans les faits avec un premier détachement de secouristes. L'occasion aussi de se projeter dans une difficile reconstruction.

En visite à Beyrouth, Emmanuel Macron s'est engagé à demander aux responsables "de procéder à des réformes (...) de changer le système, d'arrêter la division du Liban, de lutter contre la corruption".
En visite à Beyrouth, Emmanuel Macron s'est engagé à demander aux responsables "de procéder à des réformes (...) de changer le système, d'arrêter la division du Liban, de lutter contre la corruption". © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Moins de deux jours après la double explosion qui a dévasté Beyrouth, le président de la République Emmanuel Macron était en visite ce jeudi au Liban, sur les lieux du drame, pour "dire et apporter le soutien de la nation française, du peuple français, au peuple libanais".

Sur le port sinistré de Beyrouth, 55 secouristes français sont à pied d'œuvre, sous le commandement du colonel Vincent Tissier.
Sur le port sinistré de Beyrouth, 55 secouristes français sont à pied d'œuvre, sous le commandement du colonel Vincent Tissier. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Un soutien qui se traduit dans l'immédiat par une aide financière, logistique et technique, et notamment par le déploiement d'un détachement de 55 militaires de l’Unité d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (UIISC1) de Nogent-le-Rotrou. Des maîtres-chiens, des médecins, des infirmiers, qui, fouillent les décombres du port et de ses environs à la recherche de survivants.

Selon un bilan provisoire, 137 morts sont à déplorer, plus de 5 000 personnes ont été blessées et 300 000 Beyrouthins sont sans abri. 

Les silos à grain du port de Beyrouth, éventrés par les explosions.
Les silos à grain du port de Beyrouth, éventrés par les explosions. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Le port de Beyrouth, épicentre du drame, mardi à 18h10, d'un énorme stock de nitrate d'ammonium, a été rayé de la carte. En témoigne l'état des immenses silos à grains, qui constituent la réserve nationale de blé, éventrés par le souffle consécutif à l'explosion des 2 750 tonnes de produits chimiques entreposés sans précaution à l'est du bâtiment.

Dans le quartier voisin du port, ravagé, les habitants crient leur désarroi au passage d'Emmanuel Macron.
Dans le quartier voisin du port, ravagé, les habitants crient leur désarroi au passage d'Emmanuel Macron. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

À quelques centaines de mètres du port, Emmanuel Macron a arpenté la rue Gemmayzé, artère commerçante et festive historique, bordée d'immeubles anciens, témoins de l'âge d'or de la ville. Une rue ravagée par le souffle. "Vive la France ! Aidez-nous ! Vous êtes le seul espoir !", pouvait-il entendre.

Tandis que sur Twitter, le dramaturge et acteur libanais Ziad Itani, habitant du quartier interpellait les dirigeants libanais sur Twitter :

"Je n'ai plus de maison à Gemmayzé, et le premier à visiter le quartier est un président étranger. Honte à vous !"

Les Libanais dénoncent l'incurie de leurs dirigeants au passage d'Emmanuel Macron, avant sa recontre avec les responsables politiques.
Les Libanais dénoncent l'incurie de leurs dirigeants au passage d'Emmanuel Macron, avant sa recontre avec les responsables politiques. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

"Libérez-nous des autorités, débarrassez-nous de la corruption, vous êtes notre seul espoir", demandaient des Beyrouthins dans la rue, tandis que le président français prenait la route de Baabda, le palais présidentiel, où il devait "parler à toutes les forces politiques pour leur demander un nouveau pacte politique".

Aux Libanais excédés, après des mois de crise politique, économique et sociale, Emmanuel Macron a promis :

"Je vais leur parler. Je suis obligé de m'asseoir avec eux (..) je leur dirai la vérité, je vais leur demander des comptes."

Jeudi, lors d'une conférence de presse au terme de sa visite à Beyrouth, le président français a appelé les dirigeants libanais à un "profond changement" pour sortir leur pays de l'impasse politique et économique. Il a aussi annoncé une conférence d'aide pour le Liban "dans les tout prochains jours", et réclamé une enquête internationale sur les faits.

Le chef de l'État avait auparavant annoncé qu'il proposerait un "nouveau pacte politique" aux autorités libanaises, et qu'il reviendrait le 1er septembre vérifier que l'aide proposée par la France est bien distribuée. Tout sera fait pour que l'aide "n'aille pas dans les mains de la corruption", a-t-il assuré aux manifestants. 

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