Eau potable, vaccination, nourriture... Le Bangladesh doit faire face à l'arrivée de 540.000 réfugiés Rohingyas dans le sud du pays.

Une gigantesque campagne de vaccination contre le choléra est en cours dans les camps de réfugiés.
Une gigantesque campagne de vaccination contre le choléra est en cours dans les camps de réfugiés. © Radio France / Julie Pietri

C’est la plus grande campagne de vaccination contre le choléra au monde, après Haiti, en 2016. Au Bangladesh, le gouvernement a fourni 900.000 doses aux ONG pour qu’elles immunisent les réfugiés Rohingyas arrivés en masse dans le sud du pays, pas loin de la frontière avec la Birmanie. 

540 000 personnes en quelques semaines

Dans les camps où sont arrivés près de 540 000 personnes en quelques semaines, l’eau stagnante est partout. L’eau des pompes n'est pas toujours potable et les toilettes sont rares. Tous les ingrédients sont réunis pour qu’à cette crise humanitaire, s’ajoute une crise sanitaire. 

Dès 8 heures du matin, le soleil frappe fort, de quoi étourdir les plus vaillants abrités sous des parapluies ou un bout de tissu. Des infirmières récupèrent les glacières qui renferment les précieuses doses. Rapidement, elles se séparent. S’engouffrent dans les allées du camp. Pour s’installer sous des bâches numérotées, aux quatre coins de Kutupalong. 

Le gouvernement a fourni 900 000 doses orales aux ONG.
Le gouvernement a fourni 900 000 doses orales aux ONG. © Radio France / Julie Pietri

"N’ayez pas peur, il en aura pour tout le monde", crie Tanzimaira infirmière pour une l’ONG locale. Jawalida, une femme de  22 ans, voilée de noir tient dans ses bras sa fille d’un an et demi.  "Je viens faire vacciner mon enfant. Pour la protéger contre la maladie. J’ai peur  ici du choléra… de la dysentrie et des diarrhées.  " 

La file d’attente s’allonge. Les enfants, certains nus, ouvrent la bouche à tour de rôle, avalent leur médicament et trempent leurs doigts dans une encre violette, une trace de leur vaccination. Une infirmière sourit : 

Ce n’a pas bon goût  et surtout ça sent très mauvais. Certains enfants ne supportent pas… Ils vomissent après avoir pris leur dose

Un savon est glissé dans les mains des enfants vaccinés. Ils le ramèneront précieusement, dans leur campement. Le vaccin seul ne suffit pas. L’hygiène, si difficile à atteindre ici, se laver les mains, boire une eau propre, reste la meilleure des protections. 

Dans la file d'attente d'un point de vaccination, dans le camp de Kutupalong. Les enfants sont les plus fragiles face au choléra.
Dans la file d'attente d'un point de vaccination, dans le camp de Kutupalong. Les enfants sont les plus fragiles face au choléra. © Radio France / Julie Pietri

Le reportage de Julie Pietri et Marcos Darras : 

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