Pendant près de cinq heures mardi, le patron de Facebook a répondu aux membres du Sénat américain, après le scandale de la fuite de données personnelles utilisées par Cambridge Analytica. S'il évoque "un changement de philosophie" et accepte l'idée d'une régulation, il reste convaincu que le réseau social est "sûr".

Mark Zuckerberg, mardi lors de son audition au Congrès américain
Mark Zuckerberg, mardi lors de son audition au Congrès américain © AFP / Alex Brandon / CONSOLIDATED / DPA

Ce mardi, pendant près de cinq heures, Mark Zuckerberg, qui avait troqué pour l'occasion son habituel t-shirt gris contre un costume-cravate, a fait face aux membres du Sénat, qui l'ont interrogé sur les "abus de confiance" soupçonnés du réseau social. Une nouvelle fois, le jeune milliardaire a admis, à plusieurs reprises, son erreur : 

"Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et j'en suis désolé".

Mais en parallèle de cette campagne de plates excuses déjà attaquée il y a quelques jours dans les médias, Mark Zuckerberg a profité de cette audition pour annoncer "un changement de philosophie" de Facebook, face à des sénateurs qui pour certains n'avaient pas l'air tous au fait des enjeux technologiques de ce débat. 

"Course aux armements"

Selon lui, le groupe est engagé dans une lutte difficile contre la manipulation politique, qu'il présente comme "une course aux armements" contre "des gens en Russie dont le travail est d'exploiter nos systèmes". Il a précisé, également, que son entreprise travaille avec le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les soupçons d'utilisation de Facebook comme plateforme de propagande russe pour faire gagner Donald Trump en 2016.

Peu avant le début de l'audition, Facebook avait également annoncé qu'il allait désormais rétribuer ceux qui signalent les mauvaises utilisations de données personnelles. Le géant d'Internet avait également promis, lundi, de vérifier l'identité des organismes qui publient des messages électoraux ou politiques, ou encore qu'il allait clarifier les paramètres de confidentialité. 

Tout en reconnaissant qu'une nouvelle réglementation pourrait pénaliser les futurs créateurs de startups, Mark Zuckerberg a déclaré aux sénateurs qu'il n'était pas opposé à l'idée d'une régulation, "si celle-ci est bonne". Plusieurs sénateurs ont évoqué cette question durant l'audition : "Si Facebook et les autres réseaux sociaux ne réparent pas ou ne veulent pas réparer les intrusions dans la vie privée, nous le ferons, nous, le Congrès", a menacé le démocrate Bill Nelson. "Je ne veux pas avoir à réglementer Facebook, mais bon dieu, je le ferai", a lancé, plus tranchant, John Kennedy. 

"Je ne sais pas"

Si l'inquiétude des sénateurs n'a pas été levée, c'est que Mark Zuckerberg ne semble pas avoir répondu à toutes les questions qui étaient posées. Affirmant que les données ne sont jamais vendues directement aux annonceurs (mais utilisées pour du ciblage), il a maintenu que selon lui, le réseau social était "sûr" malgré tous les cas avérés de manipulation... et malgré le fait qu'il reconnaisse lui-même qu'il n'aimerait pas rendre public le nom de son hôtel. 

Affirmant que Facebook n'était pas en situation de "monopole", il n'a pas su non plus donner le nom d'un concurrent de taille de son réseau social. Répondant à plusieurs reprises "Je ne sais pas" aux questions des sénateurs, il n'a pas été capable, par exemple, d'expliquer pourquoi Facebook n'avait pas suspendu Cambridge Analytica dès 2015. Le cabinet avait assuré avoir effacé les données, "nous n'aurions pas dû nous contenter de leur réponse", a plaidé Mark Zuckerberg. 

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