Manifestation devant l'ambassade d'Australie à Phnom Penh contre la signature d'un accord entre le Cambodge et l'Australiet e
Manifestation devant l'ambassade d'Australie à Phnom Penh contre la signature d'un accord entre le Cambodge et l'Australiet e © REUTERS/Samrang Pring

Alors que les dirigeants européens ont convoqué un sommet extraordinaire jeudi pour tenter de mettre en place des solutions, le Premier ministre australien conseille à l'Union européenne de suivre l'exemple de son pays et de refouler tous les migrants arrivés par la mer.

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Ce pays, qui a connu après la seconde guerre mondiale l’arrivée d’un grand nombre d'immigrants méditerranéens, fait tout ce qu’elle peut aujourd’hui, pour repousser l’arrivée de réfugiés. L’Australie ne cesse de durcir ses lois anti-immigration depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Tony Abbott en septembre 2013. Canberra a lancé, avec l'aide de l'armée, l'opération "Frontières souveraines" pour décourager les réfugiés d'arriver par la mer.

Les quatre volets de "Frontières souveraines"

La politique australienne est simple : les bâtiments de la marine interceptent les bateaux transportant des migrants et les renvoient vers leur point de transit, souvent l'Indonésie.

Quand ce n’est pas possible, Canberra envoie les demandeurs d'asile, arrivant par bateau, dans des camps de rétention en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur des îles du Pacifique telles que Nauru ou Manus ou les conditions de détentions sont dénoncées par l’ONU.

Les précisions de notre correspondante à Melbourne, Caroline Lafargue

Et lorsque la demande d'asile des réfugiés est considérée comme légitime, après instruction de leur dossier, plutôt que de permettre aux réfugiés d’entrer en Australie, on les envoie … au Cambodge, l'un des pays les plus pauvres du monde et avec lequel Canberra a signé un accord en septembre dernier, en échange du versement par l'Australie à Phnom Penh de 40 millions de dollars australiens (28,7 millions d'euros) sur quatre ans.

Dernière initiative du Gouvernement conservateur, le Premier ministre a appelé il y a quelques jours l'Iran à reprendre ses ressortissants – des demandeurs d’asile – dont la demande a été rejetée. Les Iraniens représentent environ 20% des 1.848 migrants retenus dans des centres en Australie et la plupart des 1.707 personnes retenues dans les centres des îles de Nauru et de Papouasie-Nouvelle

« Une victoire pour l'Australie »

C’est comme ça que le Premier ministre conservateur Tony Abbott qualifie sa politique migratoire, quoi qu’en dise l’ONU, qui lui reproche les conditions de vie que Canberra impose aux demandeurs d’asile : la violence, la détention des enfants.

Le gouvernement australien explique vouloir décourager le trafic des passeurs qui profitent d'immigrants venant pour l'essentiel d'Irak, d'Iran et d'Afghanistan.

Pour Tony Abbot sa politique fait preuve du maximum "d'humanité, de compassion et de décence".

Nous avons arrêté les bateaux, et les représentants de l'ONU seraient bien plus crédibles s'ils prenaient acte de ce que l'Australie a réussi à faire dans ce domaine.

Un problème déplacé

D'après le ministre de l'Immigration Peter Dutton, aucun migrant n'est mort en mer en près de 18 mois alors que 1.200 réfugiés avaient péri sous le règne du gouvernement travailliste. Les défenseurs des droits de l'Homme répondent que le gouvernement conservateur s'est tout simplement débarrassé du problème sur des pays plus pauvres.

LAustralie relègue les réfugiés sur les îles voisines
LAustralie relègue les réfugiés sur les îles voisines © Radio France
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