Le géant chinois des télécoms n’entend pas encaisser les menaces américaines sans riposter. Soupçonné d’œuvrer pour Pékin et menacé de sanctions aux États-Unis, Huawei oppose une riposte technologique et vient questionner l’hégémonie d’Apple et Google dans les systèmes d'exploitation pour mobiles.

Le géant chinois des télécoms pourrait se passer d'Android, le système mobile de Google, d'ici à la fin de l'année.
Le géant chinois des télécoms pourrait se passer d'Android, le système mobile de Google, d'ici à la fin de l'année. © AFP / Emin Menguarslan / ANADOLU AGENCY

Le bras de fer entre le numéro 2 mondial des smartphones et les autorités américaines pourrait dans les semaines qui viennent atteindre un sommet. Menacé de sanctions aux États-Unis pour être un "un instrument du gouvernement chinois", selon les termes du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, Huawei s’apprête à riposter. Et la contre-attaque se fera sur le terrain technologique.

On savait depuis quelque temps déjà que le géant chinois travaillait sur son propre système d’exploitation mobile, pour ne plus dépendre de ses partenaires américains Google et Apple. Mais le risque de voir sa licence Android expirer sans renouvellement, en août prochain, a contraint Huawei à accélérer.

Nom de code : HongMeng OS.

Son nom de code : HongMeng OS. C’est, a annoncé Richard Yu, un haut responsable de la firme chinoise, le système d’exploitation alternatif aux géants américains. L’information a été diffusée sur la chaîne de télévision américaine CNBC : les deux logiciels qui font tourner la quasi-totalité des smartphones et tablettes vendus sur la planète, Android (Google) et iOS (Apple) ont potentiellement un concurrent. Et un concurrent de poids.

Exclus du marché américain, les mobiles Huawei n’en pèsent pas moins 19% du marché mondial, juste derrière Samsung et loin devant Apple. S’ils se passaient des systèmes d’exploitation de l’un ou de l’autre, ce serait donc 1 mobile sur 5 dans le monde qui fonctionnerait sans Apple ou Google. Un sérieux manque à gagner pour les géants américains du logiciel.

Et rien ne dit, à ce stade, si le seul marché domestique chinois des smartphones, tablettes, ordinateurs et objets connectés sera visé. Une version globale de HongMeng OS serait prévue pour l’étranger.

Des précédents décevants

"HongMeng va progressivement remplacer Android", prédit le Global Times, journal officiel et nationaliste chinois. De nouvelles annonces pourraient être faites d’ici au 24 juin, avec une sortie prévue avant la fin de l’année, ou au pire au printemps prochain, précise le magazine financier chinois Caijing, en cas de retard du programme de développement.

Il restera cependant à convaincre les fabricants de smartphones et les développeurs d’applications pour qu’ils intègrent ce nouveau système. Par le passé, Nokia, Blackberry et Microsoft ont échoué dans leurs tentatives. 

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