Les deux plateformes américaines se mobilisent pour lutter contre l'influence étrangère dans les contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Facebook a démasqué cette semaine des faux comptes pilotés depuis la Russie tandis que Twitter va désormais signaler les médias (et leurs journalistes) liés à un État.

Facebook a démantelé plus d'une centaine de faux comptes pilotés depuis la Roumanie.
Facebook a démantelé plus d'une centaine de faux comptes pilotés depuis la Roumanie. © AFP / Anadolu Agency / Rasit Aydogan

Il s'agit de ne pas faire la même erreur qu'en 2016. Il y a quatre ans, la présidentielle américaine (comme le référendum sur le Brexit chez nos voisins britanniques) ont été marqués par des campagnes d'interférence orchestrées, principalement, depuis la Russie. Depuis, la révélation de ces manoeuvres sur les réseaux sociaux ont obligé les plateformes à lutter contre les faux comptes, les fausses nouvelles et la désinformation. Dernier fait en date, le démantèlement, cette semaine, de plus d'une centaine de faux comptes sur Facebook et Instagram, comme l'a annoncé jeudi l'entreprise américaine. Ils étaient engagés dans une opération de promotion de la campagne de réélection du président américain Donald Trump et manoeuvrés depuis la Roumanie, a expliqué le groupe de Mark Zuckerberg. En juillet, Facebook et Instagram – qui communiquent de plus en plus sur le sujet – ont retiré plus de 1 000 comptes identifiés comme "non authentiques". 

Ils se faisaient passer pour des Américains

Les auteurs de cette opération utilisaient des faux comptes et se faisaient passer pour des Américains, avec notamment des fausses pages de soi-disant supporters de Trump. Ce réseau de comptes postait des contenus sur la campagne, vantant le soutien des Afro-Américains pour le président, les croyances chrétiennes et le mouvement conspirationniste Qanon. Ces pages Facebook et Instagram menées depuis la Roumanie étaient suivies par près de 10 000 personnes

Ces campagnes coordonnées "manipulent le débat public à des fins stratégiques", a rappelé Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité du groupe, lors d'une conférence de presse. "Elles brouillent les frontières entre débats sains et manipulation." La firme n'a "pas trouvé de preuves de la motivation, financière ou autre" des créateurs de ces comptes, a ajouté Nathaniel Gleicher. "Ils étaient peut-être juste en train de construire une audience pour monétiser plus tard."

"Nous nous attaquons à un pan du problème qui représente un défi pour toute la société. Il est de plus en plus clair qu'une organisation ne peut pas s'en charger toute seule", a estimé le responsable de l'entreprise californienne dont le patron a demandé à plusieurs reprises aux politiques de se pencher sur le cadre à fixer pour la modération des réseaux sociaux sur ce point. 

Twitter s'attaque aux médias liés à un État

De son côté, Twitter a expliqué mercredi son intention de signaler aux utilisateurs quand des comptes de médias d'information sont contrôlés financièrement et sur le plan éditoriale par un État. "Contrairement aux médias indépendants, les médias liés à un État utilisent fréquemment leur couverture de l'actualité à des fins politiques", a expliqué le réseau social. "Nous pensons que les gens ont le droit de savoir quand le compte d'un média est affilié directement ou indirectement à un acteur étatique", ajoute Twitter, qui inclura dans cette nouvelle règle les rédacteurs en chef et journalistes importants de ces médias.

Facebook avait pris des mesures similaires début juin, avec des "étiquettes" pour les comptes des médias contrôlés par des États, et en leur interdisant de poster des publicités. Twitter, de son côté, a banni toutes les publicités à caractère politique.

Selon une étude de l'Oxford Internet Institute que nous avions relayée fin juin, les articles en ligne de médias contrôlés par la Chine ou la Russie, mais aussi l'Iran ou la Turquie, ont engendré pour certains plus de partages sur les réseaux sociaux que ceux des médias traditionnels comme Le Monde. 

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