L’intervention lundi de la Garde nationale n’a pas contribué à ramener un peu de calme dans la ville de Ferguson.

Intervention de la police américaine à Ferguson
Intervention de la police américaine à Ferguson © reuters

Trente et une arrestations, deux personnes touchées par balle. Le maintien de l’ordre américain est remis en cause.

Pour la première fois depuis plusieurs jours, aucun couvre-feu n’était en vigueur lundi 18 août. Non pas que le calme soit revenu dans la ville du Missouri, mais parce que la Garde nationale est entrée en action. Sorte d'armée de réserve pour le pays, 350 000 hommes la composerait. Les gouverneurs de région peuvent faire appel à elle surtout en cas d'émeute, d'opération extérieure ou de catastrophe naturelle (Irak, l'ouragan Katrina...).

Barack Obama a dit lors d'une conférence de presse avoir recommandé au gouverneur une utilisation "limitée" de la Garde nationale et a estimé que rien n'excusait "l'utilisation de la force excessive par la police locale".

Sur la cinquantaine de policiers de la ville, dont la population est Noire à 67%, seulement 3 sont afro-américains. Pour "établir un nouveau dialogue", le maire de la ville James Knowles a annoncé mardi une série de mesures, dont le soutien aux programmes qui favorisent le recrutement de Noirs au sein de la police.

Malgré les 200 hommes de la Garde nationale, les affrontements ont une nouvelle fois émaillé la nuit

Les forces de l’ordre ont interdit les rassemblements dans le centre ville, chassant les quelques réfractaires avec des tirs de bombes lacrymogènes et assourdissantes. Des véhicules blindés assistés d’un hélicoptère ont tourné toute la nuit. Les forces de l’ordre américaines semblent en tout cas dépassées par les événements. Le nouveau responsable de la police locale a justifié:

une stratégie musclée, avec des policiers parfois équipés d’armes de guerre parce qu’il ne s’agit plus d’actes de manifestation mais d’actes criminels violents.

Le chef de la police en a même fait appel à un prêtre pour calmer la colère des manifestants. Un demi aveu d'échec pour des forces de l'ordre peu habituées aux émeutes.

"Le maintien de l'ordre est un métier à part, spécifique" que les États-Unis ne maîtrisent pas

La France avec les CRS et les gendarmes mobiles, a su se spécialiser dans le maintien de l'ordre " un métier à part et spécifique" souligne Frédéric Péchenard, conseiller de Paris et ancien directeur général de la police nationale. L'invité du 13h de Patrick Boyer précisant qu'il faut "à la fois permettre aux manifestants de s'exprimer et en même temps assurer la sécurité. Les américains n'ont pas d'unité spéciale, dédiée au maintien de l'ordre."

Frédéric Péchenard conseiller de Paris ancien directeur nationale de la police nationale invité du 13h de Patrick Boyer

"La police devrait me protéger, mais moi je me protège d'elle"

Les cours ont repris ce mardi. Dans le lycée que fréquentait Michael Brown, on a suivi une minute de silence, avant des prises de parole dans toutes les classes.

Frédéric Carbonne, notre envoyé spécial à Ferguson, a rencontré Devendra, l'un des copains de classe de la victime.

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